Haute-Savoie

Transport

Les bateaux volants de Seabubbles entament leur décollage

Par Déborah Berthier, le 24 novembre 2022

Fondée en 2016, la société Seabubbles entame la production et la commercialisation de ses premières unités. Des bateaux à propulsion électrique ou hydrogène, flottant au-dessus de l’eau, qui veulent proposer une alternative écologique innovante au transport de passagers sur rivière, sur lac ou proche des côtes.

Les bateaux flottants Seabubbles sont assemblés sur les rives du lac d’Annecy.
Les bateaux flottants Seabubbles sont assemblés sur les rives du lac d’Annecy. — Photo : Seabubbles

Zéro vague, zéro bruit, zéro émission. C'est le pari des "bateaux volants" de Seabubbles (20 salariés, chiffre d'affaires non communiqué), développée à Saint-Jorioz, sur les rives du lac d'Annecy (Haute-Savoie). Ces étranges capsules à propulsion électrique ou hydrogène, capables de transporter 4 à 12 personnes, semblent en effet flotter au-dessus l'eau grâce à leurs foils rétractables. Des appendices qui ont aussi l'avantage de réduire les frottements avec l'eau, diminuant par la même occasion de 35 % la consommation d'énergie de l'embarcation et évitant de créer des vagues. "Cela permet une meilleure protection des berges", souligne Virginie Seurat, la directrice générale de Seabubbles.

Un nouveau départ

Fondée en 2016, l'entreprise a connu quelques remous au moment de sa reprise en 2020 par le fonds d'investissement lyonnais Mediapps Innovation — détenteur de 100 % du capital. Et a vu la totalité de ses équipes, y compris sa gouvernance — qui a lancé un nouveau projet, concurrent — renouvelée.

Après avoir passé en revue l'ensemble des caractéristiques des bateaux, Seabubbles entre en phase de production. Les premières unités, à batterie électrique, sont actuellement assemblées dans l'atelier de Saint-Jorioz. Leur commercialisation démarre, notamment aux Pays Bas où la société vient de créer une filiale. Dans le Grand Annecy, une première ligne pilote verra prochainement le jour. Des partenariats stratégiques avec des acteurs locaux, capables de prendre en charge la maintenance et/ou l'exploitation des bateaux, ont été signés dans un certain nombre de pays. En Suisse, aux États-Unis, aux Émirats arabes unis.

Un cadre juridique et des infrastructures à créer

Pourtant, pour démocratiser ces bateaux en tant que moyen de transport à part entière, tout reste encore à faire, ou presque. "Actuellement, nous avons des dérogations, qui nous autorisent à transporter des passagers dans nos bateaux, explique Virginie Seurat. Mais pour passer en phase d'industrialisation, il nous faudra une homologation." Or, la réglementation permettant de régir précisément ce mode de transport n'existe pas. Pour l'approvisionnement des bateaux, là encore, beaucoup reste à faire. "De nombreux concurrents sont en train d'arriver sur le marché des bateaux électriques, poursuit la directrice générale. Et c'est une bonne nouvelle, car cela va nous permettre de rentabiliser l'installation d'infrastructures." Les bornes de recharge électriques sont encore assez rares à quai. Les bornes de recharge à hydrogène, plus encore. Quant à la maintenance des bateaux, difficile de trouver du personnel formé à l'entretien et la réparation de ces embarcations d'un nouveau genre. Pour pallier ce manque, l'entreprise haut-savoyarde s'apprête à lancer la Seabubbles Academy, un centre d'expérience client, de formation et de pilotage. En parallèle, Seabubbles travaille sur "une grosse levée de fonds", qui lui permettra de lancer sa production à l'échelle industrielle

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