Drôme

Luxe

Le chausseur Clergerie réaménage son usine

Par Stéphanie Pioud, le 18 mai 2022

Le créateur de chaussures haut de gamme, basé à Romans-sur-Isère, dans la Drôme, va réaménager son site de production d’ici 2025 afin de gagner en productivité et relancer la marque à l’international. Avec un outil modernisé, le chausseur espère aussi développer de nouveaux partenariats avec des marques de luxe.

Clergerie est le dernier fabricant de chaussures de luxe de Romans-sur-Isère, connue pour être la capitale historique de la chaussure française.
Clergerie est le dernier fabricant de chaussures de luxe de Romans-sur-Isère, connue pour être la capitale historique de la chaussure française. — Photo : Tom Espinos

Créée en 1981 par Robert Clergerie, l’entreprise drômoise (118 salariés, 20 M€ de CA en 2021) a été rachetée en 2020 par French Legacy Group, propriétaire des marques Heschung, Avril Gau et Violet Tomas. Ce dernier compte aujourd’hui relancer la marque de luxe drômoise, qui est toujours fabriquée à Romans-sur-Isère, le berceau français de l’industrie de la chaussure. Clergerie étant le dernier fabricant encore en activité sur ce territoire. Pour donner un nouvel élan à la marque, l’entreprise a décidé de moderniser et réaménager son atelier de production. L’opération dont le montant n’a pas été communiqué, se fera par étapes jusqu’en 2025.

Gain de productivité

Pour l’heure, le chausseur a déjà commencé par revoir son process en séparant deux activités phares : la production (85 salariés sur le site) et le développement avec son bureau d’études (6 salariés). "Cette réorganisation nous permet d’être plus flexibles et de gagner en efficacité. L’objectif est de créer un prototype en deux jours contre huit auparavant", assure Jérôme Espinos, président de French Legacy Group.

Du côté de la production, l’entreprise va également mettre en place de nouveaux process pour réduire les processus de fabrication de 10 jours. Plusieurs chantiers vont ainsi être menés : nouvelle planification, réaménagement des postes de travail, optimisation de la production… L’entreprise souhaite également une usine moins énergivore. Pour réduire ses dépenses énergétiques, le chausseur mise sur l’installation de panneaux solaires sur le toit de l’usine, et une meilleure aération du site.

En se dotant d’un outil de production modernisé, French Legacy Group compte également développer des partenariats avec d’autres marques de luxe, qui pourraient être dessinées ou fabriquées sur place. "Nous avons déjà mené des collaborations avec les maisons Gabriela Hearst et Mauboussin sur le site. Nous aimerions poursuivre dans ce sens, car il est intéressant d’ouvrir notre savoir-faire aux autres", assure Jérôme Espinos.

Développement à l’international

En parallèle, Clergerie souhaite déployer une stratégie commerciale plus offensive à l’international. Les ventes se font d’ailleurs à 60 % à l’étranger (États-Unis, Europe, Japon, Corée, Australie…) avec des boutiques en nom propre ou via un réseau de plus de 250 partenaires multimarques. "Clergerie représente le savoir-faire à la française, la tradition, l’excellence… Imaginez qu’il faut entre 80 et 160 opérations pour concevoir une chaussure ! Nous souhaitons en faire une marque de référence sur le marché de la chaussure de luxe", confie le président de French Legacy Group.

Pour développer ses ventes et séduire une clientèle plus jeune et plus féminine, le chausseur Clergerie a également revu sa stratégie de communication en misant sur le storytelling et les réseaux sociaux. Il compte aussi sur le développement de ses 5 sites d’e-commerce en France, Europe, USA, Japon et Angleterre pour doper ses ventes dans les années à venir.

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