Saint-Étienne

Événementiel

Témoignage Garance Damart : "L'événementiel va dans le mur"

Par Gilles Cayuela, le 02 décembre 2021

La cinquième vague sera-t-elle celle de trop pour l’événementiel ? C’est ce que craint Garance Damart. À la tête de trois sociétés spécialisées dans l’événementiel ludique, la jeune dirigeante stéphanoise tire la sonnette d’alarme et demande au gouvernement de remettre en place des aides pour le secteur.

Garance Damart est à la tête des sociétés 1909 Escape Game, 1909 Event et The Green Escape.
Garance Damart est à la tête des sociétés 1909 Escape Game, 1909 Event et The Green Escape. — Photo : LISE ACCETTA

Gérante de trois entreprises spécialisées dans l’événementiel ludique (1909 Escape Game, 1909 Event et The Green Escape ; 17 salariés au total), Garance Damart a été frappée de plein fouet par la crise sanitaire… Et continue de l’être !

"Nous avons rouvert en juin, une période qui n’est vraiment pas propice aux loisirs intérieurs. Entre les clients qui ont perdu l’habitude de venir nous voir, la peur du Covid et le pass sanitaire, nous n’avons jamais vraiment retrouvé notre niveau d’activité d’avant crise. Et au moment où l’événementiel commençait à reprendre, à redevenir fort, nous nous prenons cette cinquième vague. Décembre est traditionnellement notre plus grosse période de l’année. Nous sommes sur une activité saisonnière où l’hiver permet de payer l’été. Or, aujourd’hui, on nous enlève le mois de décembre sans nous le dire", peste l’entrepreneuse de 28 ans.

80 % des événements annulés sur décembre

À travers ce "on", Garance Damart désigne clairement le gouvernement et son double langage. "On nous a dit qu’il fallait apprendre à vivre avec le virus mais finalement on se rend compte que ce n’est pas possible. Le gouvernement ne nous empêche pas de travailler, aucun décret n’a été pris dans ce sens mais dans le même temps, il conseille aux entreprises de reprendre le télétravail et de ne pas organiser d’arbres de Noël".

Et visiblement, ce message a été entendu, au grand regret de Garance Damart dont le téléphone ne cesse de sonner ces derniers jours. Et pas pour lui annoncer de bonnes nouvelles. "La semaine dernière, c’est un événement de 150 personnes qui a été annulé. Cette semaine, un autre avec un grand groupe du secteur public. Et ça n’arrête pas ! Nous avons déjà perdu 80 % de notre activité événementielle sur décembre. Et je ne suis pas la seule dans cette situation. Le dirigeant d’un escape game grenoblois avec qui j’étais au téléphone ce matin, fait le même constat. La restauration sollicitée d’habitude pour des repas de fin d’année est également touchée ainsi que les photographes événementiels d’ordinaire contactés pour couvrir les marchés de Noël. C’est tout le secteur qui est frappé de plein fouet. Notre mois de décembre est en train de s’évaporer. L’événementiel va dans le mur", alerte Garance Damart.

"Le gouvernement doit remettre en place des aides"

Oubliée du premier confinement avec "une aide bien insuffisante de 1 500 euros", et impactée par "la lenteur des versements du fonds de solidarité" lors du second confinement, dont elle vient "tout juste de percevoir le règlement pour décembre 2020", la jeune chef d’entreprise stéphanoise demande "l’intervention rapide des pouvoirs publics".

"Le gouvernement doit remettre en place des aides sinon nous ne nous en sortirons pas. Alors certes, sur le papier, on ne nous interdit pas de travailler mais dans la réalité, les clients ne viennent plus. Nous avons beau essayer d’être créatifs, de nous réinventer mais avec des coups d’annonce et des nouvelles règles toutes les semaines, c’est très compliqué. Je devais recruter un jeune sur décembre. J’ai validé son embauche il y a deux semaines mais aujourd’hui je ne sais pas si je vais lui faire son contrat de travail."

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