Auvergne Rhône-Alpes

Management

En Auvergne Rhône-Alpes, les salariés plébiscitent le télétravail

Par Audrey Henrion, le 10 juillet 2020

Une enquête conduite par le Medef Auvergne-Rhône-Alpes pendant et après le confinement confirme l'engouement des salariés pour la pratique du télétravail.

Un tiers des managers interrogés par le Medef Auvergne Rhône-Alpes considèrent que la communication avec leurs équipes s’est dégradée dans le cadre du télétravail lors du confinement. — Photo : Oliver Thomas Klein-Unsplash

Pour les dirigeants de la région, ce sondage ne devrait pas rester sans suite. Sur un total de 1 900 répondants au questionnaire en ligne initié par le Medef Auvergne Rhône-Alpes et diffusé auprès des travailleurs et des résidents de la région Auvergne Rhône-Alpes (panel non représentatif) du 17 avril au 4 juin 2020, 93,5 % se prononcent en faveur du télétravail.

Un raz de marée ! D’autant que le solde de 7 points s’explique sans doute par ces 9 % de salariés qui ont travaillé avec des outils numériques non adaptés. Les répondants à ce sondage sont à 33 % des personnels encadrant, évoluant à 17 % dans une TPE, dans une PME (21 %), ETI (24 %) ou grands groupes (40 % des répondants). Pour Alexia Bourit coordinatrice régionale de la formation au Medef AURA, et chef de projet « Caméléon, le travail sous toutes ses formes », « on ne pourra pas organiser le travail comme avant. Il faut réfléchir à la manière dont va s’organiser le travail et quelle place accorder au télétravail ».

Un cadre national à adapter à chaque entreprise

Avec un prérequis : le cadre national (c’est-à-dire les ordonnances du 22 septembre 2017 dites "ordonnances Macron", lesquelles demandent aux entreprises d’organiser le télétravail après consultation des instances représentatives du personnel, NDLR), se prête à des déclinaisons du télétravail au périmètre de chaque entreprise. Autrement dit, « ne réinventons pas l’eau tiède ».

Bon à savoir pour les dirigeants : même si deux tiers des salariés ayant répondu au sondage n’avaient jamais pratiqué le télétravail avant le confinement, 60 % d’entre eux ont déclaré bénéficier d’un espace de travail isolé chez eux. « Parmi les points positifs relevés, la concentration, la qualité du travail et les bénéfices sur la santé, la fatigue notamment » décrit Jean Pouly, dirigeant d’Econum, société lyonnaise spécialisée dans la qualité de vie au travail. L’isolement et le temps de travail ont été les principaux inconvénients.

Blues des managers

Autre enseignement notable : seulement 15 % des salariés interrogés ont constaté des rapports dégradés avec leur hiérarchie. En revanche, et la différence est frappante, 33 % des managers considèrent que la communication avec leurs équipes s’est dégradée, et 25 % considèrent que ce mode de travail a désorganisé les procédés. Pour Jean Pouly, ces données traduisent un « mode de management inadapté au défi de la distance, il faudrait envisager de la formation au management à distance ».

Alors que se dessine déjà la rentrée avec l’organisation des plannings personnels et professionnels, à quel rythme faut-il s’attendre ? Première règle, rappelle Jean Pouly, « le télétravail repose sur le volontariat et est réversible, il ne peut être imposé par l’employeur que dans les cas de force majeure ».

Le Medef Auvergne Rhône-Alpes, à l’initiative de ce sondage, s’attend à être questionné. « Il faut trouver un juste équilibre pour maintenir la dynamique collective, l’esprit d’équipe et cohésion », insiste Alexia Bourit, qui estime que l’accord d’entreprise est le bon outil pour poser les règles, droits et devoirs.

Un tiers des managers interrogés par le Medef Auvergne Rhône-Alpes considèrent que la communication avec leurs équipes s’est dégradée dans le cadre du télétravail lors du confinement. — Photo : Oliver Thomas Klein-Unsplash

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