Saint-Étienne

Industrie

DTF veut se relancer avec le marché de l'électrostimulation des plaies

Par Gilles Cayuela, le 01 avril 2021

En souffrance depuis 2017, le fabricant et distributeur stéphanois de dispositifs médicaux DTF se diversifie dans la production et la commercialisation d’un appareil d’électrostimulation des plaies chroniques.

Jean-Philippe Massardier, PDG de la PME stéphanoise DTF, croit au potentiel de son électrostimulateur pour les plaies chroniques.
Jean-Philippe Massardier, PDG de la PME stéphanoise DTF, croit au potentiel de son électrostimulateur pour les plaies chroniques. — Photo : Gilles Cayuela

Doublement affectée par la chute du marché de l’aérosolthérapie liée au déremboursement des pathologies non chroniques (type grippe) et par la baisse drastique des tarifs de remboursement des tire-lait (son activité historique avec la marque Kitett), l'entreprise DTF (pour La Diffusion Technique Française) pourrait bien avoir trouvé une branche à laquelle se raccrocher pour renouer avec la croissance.

Un chiffre d'affaires à redresser

Le fabricant et distributeur stéphanois de dispositifs médicaux a décidé de se tourner vers les appareils d’électrostimulation des plaies chroniques (escarres, angiodermites, ulcères veineux, etc.). Un marché, qui selon le PDG de DTF, Jean-Philippe Massardier, représente un fort potentiel. "La plaie chronique, c’est un coût global de 6 milliards d’euros dans le monde chaque année, dont 300 millions d’euros en Europe et 1 milliard pour la zone États-Unis et Canada. En France, le marché de l’angiodermite pèse 28 millions d’euros", décrit le dirigeant de cette PME de 53 salariés qui a vu son chiffre d’affaires chuter de 13,5 millions d’euros en 2017 à 8 millions d’euros en 2020.

"Nous estimons être en capacité d’atteindre 5 millions d’euros de chiffre d’affaires sur ce marché des appareils d’électrostimulation des plaies chroniques d’ici à 2025, grâce à notre technologie qui permet de relancer, accélérer le processus de cicatrisation et de réduire la douleur", développe Jean-Philippe Massardier.

Un rachat stratégique

Cette technologie, Woundel Health Care, a été développée à l’origine par le groupe allemand Gerromed, qui en avait confié la distribution en France à DTF entre 2009 et 2013. "Elle a été ensuite rachetée par l’un des leaders mondiaux de la plaie, le groupe suédois Mölnlycke Health Care, qui a géré sa distribution en France avec sa propre filiale", explique Jean-Philippe Massardier, qui a ainsi vu disparaître un marché qu’il avait créé, développé et porté à 1,5 million d’euros dans l’Hexagone.

Alors quand il apprend en 2016 que le groupe suédois a fait le choix de se séparer de cette activité, le PDG de DTF saute sur l’occasion. "Je suis entré en négociations et, en 2017, nous avons repris Woundel Health Care. Nous avons passé l’année 2018 à améliorer la technologie pour en démarrer la commercialisation fin 2018", explique le dirigeant.

Aujourd’hui, cette filiale de DTF emploie cinq personnes et réalise 600 000 euros de chiffre d’affaires. Jean-Philippe Massardier en a d’ailleurs fait un axe majeur du renouveau de DTF, encore meurtri par la chute drastique de son activité qui avait abouti, à la suite d’un plan social cassé par le tribunal administratif, au licenciement de 23 personnes dans le cadre d’une procédure de rupture conventionnelle collective en 2020.

Des partenariats pour accélérer

Un épisode douloureux, aux allures de plaie encore ouverte, que Jean-Philippe Massardier entend bien cicatriser grâce à Woundel Health Care. "Si nos plans se réalisent, nous devrions retrouver en 2025 un niveau de chiffre d’affaires comparable à ce que l’on faisait en 2013, soit 15 millions d’euros", espère-t-il.

Signe du potentiel, de ce marché, DTF a été retenu par l’Association française des entreprises privées (Afep) pour participer, début mars, à une rencontre virtuelle avec des grands patrons français. Jean-Philippe Massardier a eu l’opportunité d’échanger avec le PDG de L’Oréal Jean-Paul Agon, le président du conseil d’administration d’Axa Denis Duverne, et la directrice générale du groupe Korian Sophie Boissard. Un temps d’échange qui pourrait bien aboutir dans les mois qui viennent à des partenariats susceptibles d’accélérer la distribution de la technologie Woundel Health Care. "Si nos échanges dans le cadre de l’accompagnement par l’Afep se concrétisent, notre filiale Woundel Health Care pourrait générer à elle seule 20 millions d’euros sous dix ans", estime le dirigeant stéphanois.

"Nous échangeons avec le groupe de maisons de retraite médicalisées Korian pour trouver comment notre technologie pourrait s’inclure dans leur offre thérapeutique", confie Jean-Philippe Massardier, qui a également eu des échanges prometteurs avec L’Oréal sur de possibles collaborations. Quant à Axa, l’idée de DTF serait d’intégrer Woundel Health Care dans les contrats de prise en charge. "Rien n’est encore fait mais tous ces échanges pourraient être de nature à accélérer la croissance de Woundel s’ils aboutissent", conclut, confiant, le PDG de DTF.

Jean-Philippe Massardier, PDG de la PME stéphanoise DTF, croit au potentiel de son électrostimulateur pour les plaies chroniques.
Jean-Philippe Massardier, PDG de la PME stéphanoise DTF, croit au potentiel de son électrostimulateur pour les plaies chroniques. — Photo : Gilles Cayuela

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Inscrivez-vous pour recevoir la version gratuite de nos newsletters dans votre boîte mail