Auvergne Rhône-Alpes

Numérique

Interview Diversidays : ​​​​​​​« Il manque des rôles modèles dans les banlieues »

Entretien avec Anthony Babkine, cofondateur de Diversidays

Propos recueillis par Pierre Lelièvre - 23 mai 2019

Cofondateur de Diversidays, dont la dernière édition s'est tenue à Lyon le 7 février 2019, Anthony Babkine s'implique à promouvoir la diversité dans le numérique. Une source d'émancipation pour les habitants de quartiers, selon lui.

Mounira Hamdi et Anthony Babkine, fondateur de Diversidays, aux côtés du secrétaire d'Etat au Numérique, Mounir Mahjoubi, à Lyon le 7 février 2019.
Mounira Hamdi et Anthony Babkine, fondateur de Diversidays, aux côtés du secrétaire d'Etat au Numérique, Mounir Mahjoubi, à Lyon le 7 février 2019. — Photo : Pierre Lelièvre

Le Journal des Entreprises : Quel regard portez-vous sur l’entrepreneuriat du numérique en France aujourd’hui ?

Anthony Babkine : Quand on regarde le monde de l’entreprise aujourd’hui, on se rend compte qu’il n’est pas du tout représentatif de la société. Le profil type de l’entrepreneur est majoritairement masculin, issu des grands centres urbains et diplômé. On constate une sous-représentation des habitants de quartiers prioritaires de la ville. La diversité est absente.

Comment explique-t-on ce manque de diversité, en particulier dans le monde des start-up ?

A.B. : Il est difficile de trouver un responsable. L’absence de personnalités faisant figure de modèles entraîne une forme d’autocensure des gens dans les quartiers, les empêchant de s’identifier. Cette sous-représentation peut être vue comme une épée de Damoclès qui exclut toute une partie de la population, laquelle ne se reconnaît pas dans cet écosystème. L’engouement autour des start-up, et plus largement de l’entrepreneuriat, est, au contraire, une chance énorme de décloisonnement des quartiers et des zones rurales.

Que prônez-vous pour davantage de diversité dans l’entrepreneuriat ?

A.B. : Il y a des initiatives comme Diversidays, Start-Up Banlieue ou le programme Entrepreneur dans la Ville. Mais aussi l'école Simplon, qui fait un super travail sur la formation à la technologie. Le projet French Tech Diversité était intéressant, mais il a été mis en sommeil. Depuis février, il est relancé sur la facette de l’inclusion avec French Tech Tremplin. Même si le budget a augmenté (15 M€ sur deux ans, NDLR), je crains que cela ne suffise pas. Ce sont les acteurs économiques privés qui doivent créer des passerelles. On est au tout début de l’évangélisation.

Mounira Hamdi et Anthony Babkine, fondateur de Diversidays, aux côtés du secrétaire d'Etat au Numérique, Mounir Mahjoubi, à Lyon le 7 février 2019.
Mounira Hamdi et Anthony Babkine, fondateur de Diversidays, aux côtés du secrétaire d'Etat au Numérique, Mounir Mahjoubi, à Lyon le 7 février 2019. — Photo : Pierre Lelièvre

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