La saison 2011-2012 s'est achevée au 30septembre. Quel bilan dressez-vous d'un point de vue économique?
2011-2012 n'a pas été bonne, mais ce n'est pas propre au Zénith de Saint-Étienne. Au niveau national, la fréquentation et les recettes des salles de spectacles sont en recul de 20% en moyenne. Nous sommes dans cette tendance nationale puisque notre fréquentation a enregistré une baisse de l'ordre de 25%, avec des fluctuations selon les branches d'activité. Nous avons par exemple enregistré une hausse des opérations privées et conventions d'affaires, séminaires...
Comment expliquez-vous cette baisse de la fréquentation?
Plusieurs phénomènes expliquent cette baisse. Le premier, c'est qu'il y a moins de spectacles qui ont tourné cette année. La plupart des spectacles sont restés concentrés sur la région parisienne. Nous avons donc eu moins de spectacles, mais aussi moins de têtes d'affiches. Cette année, nous n'avons pas eu de Michel Sardou ou de Johnny. L'année prochaine sera sans doute meilleure, puisque Johnny est attendu chez nous le 6décembre.
Justement, il y a encore des places en vente pour le 6décembre. Même Johnny Hallyday n'arrive pas à faire le plein?
C'est vrai et cela m'amène au second phénomène qui explique la baisse de fréquentation des salles de spectacles: la conjoncture économique. Cette année, nous avons été durement impactés par la crise. Le pouvoir d'achat des ménages diminue, leur moral est en berne, résultat, les gens sortent moins. Même ceux qui ne sont pas touchés directement par la crise ne sortent plus. Il y a une crise de confiance. Aujourd'hui, qui n'a pas quelqu'un dans sa famille qui est frappé par le chômage? Et puis, il y a un troisième facteur qu'il ne faut pas occulter, c'est que nous sortons d'une année d'élections. En période électorale, l'attention des gens est focalisée sur d'autres choses que les loisirs et la culture. La télévision et les débats politiques font recette, pas les spectacles. Et puis, beaucoup attendent de savoir à quelle sauce, ils vont être mangés.
Vous avez évoqué la hausse de l'activité soirées privées. C'est un axe de développement pour pallier la baisse des spectacles?
Ce qu'il faut savoir, c'est que notre label Zénith nous interdit de produire où co-produire des spectacles. Nous ne pouvons donc pas compenser la baisse du nombre de spectacles en montant les nôtres. Il nous reste donc la solution des soirées privées pour les entreprises et autres congrès. Mais là encore, ce n'est pas facile car avec le contexte économique actuel, les entreprises n'ont pas forcément les moyens ou même l'envie de faire un raout à 2.000 ou 3.000 personnes. Malgré cela, nous avons quand même réussi à organiser cette année 12 manifestations privées. C'est deux de plus que l'an passé.
Vous pourriez faire plus?
Cela prend du temps. Le Zénith n'a ouvert ses portes que depuis 2008. Beaucoup d'entreprises pensent qu'il s'agit d'un lieu surdimensionné pour leurs manifestations. Alors que nous avons différents espaces modulables qui peuvent parfaitement s'adapter aux besoins des entreprises. Nous disposons notamment d'un salon privatif de 200m², d'une terrasse de 700m² où l'on peut organiser des cocktails en été, d'une espace professionnel Le Catering avec des loges et deux cuisines. Nous avons aussi la possibilité d'adapter la salle de spectacle de manière à accueillir un dîner de 1.200 personnes où un cocktail assis pour 300 personnes. Bref, tout est possible. Après, dans le cahier des charges Zénith, la part spectacle doit représenter au moins 70% de l'activité. Nous avons une soixantaine de concerts par an, cela veut dire que nous ne pouvons pas aller au-delà de 20 soirées privées par an. Mais ce serait déjà beau!
Conjoncture La fréquentation du Zénith a chuté de 25% cette année. Pour pallier cette baisse, son directeur Costa Stamatakis tente d'ouvrir le lieu aux entreprises.