Yvon Grosso : Un self-made man à la tête de l'UPE 06

Yvon Grosso : Un self-made man à la tête de l'UPE 06

Yvon Grosso, président de l'UPE06 depuis le 15avril, a un parcours atypique. «Promu par le travail», il s'est fait seul, un pied en France et l'autre en Angleterre, cumulant les petits jobs avant de devenir lui-même dirigeant dans le monde du travail temporaire. Lucie Lautrédou

Yvon Grosso a un vrai CV d'intérimaire: DJ en Angleterre, livreur de journaux, plongeur dans un restaurant, croupier à Contrexéville, figurant au théâtre... C'est après avoir occupé une foule d'improbables petits boulots que le quinquagénaire a fait carrière dans le monde du travail temporaire, avant de devenir président de l'Union pour l'entreprise des Alpes-Maritimes (UPE06) le 15avril dernier.




Cocktail de passion latine et rigueur anglo-saxonne

«Le démarrage de mon parcours est un puzzle, j'étais motivé par la vie et l'envie de la croquer», sourit l'entrepreneur qui a grandi un pied sur la Côte d'Azur, l'autre en Angleterre. Né d'une mère gouvernante dans un hôtel londonien et d'un père assembleur chez Sud Aviation dans les Alpes-Maritimes, nourri de lointaines origines Italiennes, Yvon Grosso assume sa double culture. «J'ai la passion au coeur et la rigueur en tête, un côté latin contrebalancé par la fermeté anglo-saxonne.» Élève moyen en France, il suit sa mère outre-Manche à 17ans. Une révélation. La pédagogie anglo-saxonne correspond à l'adolescent aux cheveux longs, fan des Bee Gees et en quête d'indépendance. «L'éducation au Putney College était très ludique, les professeurs nous faisaient travailler sur nos points forts pour nous motiver», se souvient-il. Les points forts du tchatcheur latin, c'étaient bien entendu «la communication, les langues et la créativité». Plus tard, inséré dans la vie professionnelle, Yvon Grosso va d'ailleurs passer un DEA Information et Communication à la veille de ses trente ans, avant de passer un MBA, 3e cycle HEC executive en management, en 1999.




Révélé chez Adecco

Un MBA qui valide une compétence pour laquelle l'Azuréen a déjà fait ses preuves en bâtissant le réseau Adecco sur la Côte d'Azur. Entré chez Ecco (qui deviendra ensuite Adecco) en 1980 pour créer une agence à Cannes, il va finalement monter son petit empire de l'intérim. En 2000, il fait le bilan après 20ans au sein de l'entreprise: 34 agences montées dans le Var, les Alpes Maritimes et à Monaco, 220 collaborateurs permanents, 3.500 intérimaires et 105M€ de chiffre d'affaires. Le bourreau de travail s'épanouit dans cette entreprise qui prône l'autonomie des régions. «C'était presque un système de franchise», se souvient celui qui affirme avoir été «promu par le travail.On ne m'a jamais rien donné, j'ai toujours travaillé pour obtenir ce que je voulais».




Créateur d'entreprise à 54ans

En 2007, le business model d'Adecco change et ne correspond plus au manager motivé par l'indépendance et l'esprit d'entreprise. Il quitte l'entreprise après sept mois de négociations et rachète au passage T'Plus, agence d'intérim d'insertion par le travail. En 2008, l'Azuréen crée Agyca, spécialisée dans le conseil en entreprise. «À 54ans, on peut toujours être créateur ou repreneur d'entreprise, et je le prouve», se félicite le nouveau président de L'UPE 06. C'est d'ailleurs son esprit d'entreprise qui l'a poussé à la tête de l'organisation patronale azuréenne, après des années de militantisme aux côtés des dirigeants (lire interview). Un mandat qui s'annonce dans la continuité de celui de son prédécesseur. «Je ne doute pas qu'il saura oeuvrer dans un esprit de continuité», a d'ailleurs déclaré Laurent Lachkar à l'occasion de son discours de passation. À titre personnel Luc Tournaire, vice-président de l'UPE06, qualifie le programme d'Yvon Grosso d'ambitieux. «Il va devoir se canaliser et se focaliser sur des points importants, comme la démarche de régionalisation en cours», analyse le président local de l'Union des industries et métiers de la métallurgie.