Wuhan - Lyon : Un train pas comme les autres...

Wuhan - Lyon : Un train pas comme les autres...

Le site multimodal de Novatrans à Vénissieux (propriété du groupe Charles André. CA : 1 Md d'euros // 7000 collaborateurs) a accueilli jeudi 21 avril le premier train de marchandises en provenance de Chine.

11.300 kilomètres à travers la Chine de l'Ouest (provinces du Hubei, du Gansu et du Xinjiang) puis le Kazakhstan, la Russie, la Biélorussie, la Pologne et l’Allemagne... Le train d'une quarantaine d'unités (équivalent d'un container/unité) arrivé ce matin à Vénissieux aura ces deux dernières semaine vu du pays ! Il lui aura ainsi fallu précisément 15 jours pour arriver au bout de ce périple (contre 30 jours par voie maritime), depuis la capitale de la province chinoise du Hubei Wuhan (surnommée en Chine "la petite France" avec la présence historique de Peugeot sur place, renforcée récemment par l'implantation d'une usine Renault) jusqu'à l'agglomération lyonnaise. Une première liaison qui revêt, insiste-t-on du côté de la Métropole de Lyon, une importance particulière.
De fait, elle retrace la mythique Route de la soie et s’inscrit dans le grand projet de politique étrangère de la République populaire de Chine, de mise en place de nouvelles routes ferroviaires et maritimes de la soie. Cette politique d’ouverture et d’expansion vers l’Ouest est dotée de quelque « 40 milliards de dollars d’investissements », selon les chiffres officiels chinois dont une première tranche de 10 milliards, exclusivement financée par Pékin, a été débloquée l'an dernier via le nouveau fonds d’investissement privé « Silk Road Company ».

Renforcer les liens économiques
But de la manoeuvre : créer une sorte de « zone de libre échange sur une aire où potentiellement vivent 3 milliards de personnes », comme le relevait récemment le magazine chinois Caijing. Xi Jinping a d’ailleurs rappelé cette priorité à l’économie au dernier forum de Bo’ao, sorte de Davos asiatique, en mars 2015 en souhaitant que « le volume commercial annuel entre la Chine et les pays concernés par la Nouvelle Route de la Soie dépasse 2.500 milliards de dollars d’ici à dix ans ».
Lyon espère ainsi, avec cette nouvelle voie ferroviaire, renforcer ses liens écomiques avec l'Empire du Milieu, alors qu'environ 80 entreprises du territoire y sont implantées (contre une vingtaine d'entreprises chinoises installées dans l'agglomération lyonnaise). La partie logistique de ce train pas comme les autres est opérée par l'entreprise chinoise WAE Logistic. Il dessert d'abord les villes allemandes de Duisburg et de Hamburg (pour lesquelles ce type de liaison est assuré depuis plus de deux ans) avant de mettre le cap sur la capitale des Gaules. Ce premier train contient principalement des produits destinés à l'industrie chimique du territoire lyonnais.

L'opérateur WAE espère pouvoir effectuer, selon la demande, jusqu'à deux convois par semaine dans le sens Wuhan-Lyon (un dans l'autre sens).