En gelant l’organisation des salons professionnels, la crise sanitaire de 2020 a été fatale à de nombreux acteurs de l’événementiel, tout en libérant la voie à d’autres. Les fondateurs de la PME catalane WoodBeeWork (15 salariés), fabricant de stands modulaires, ont vécu les deux aléas. Ils ont perdu une première société de 30 collaborateurs (Deco Makers, basée à Barcelone) à cause du Covid, avant de redémarrer une nouvelle activité sur les chapeaux de roues. "Nous avons bénéficié d’un portefeuille de clients restés le bec dans l’eau après notre fermeture. Après notre retour dans les Pyrénées-Orientales, ils nous ont maintenu leur confiance tout en nous confiant plus de zones à gérer sur les mêmes salons, avec des budgets à la hausse", explique Béatrice Masselot, cofondatrice de WoodBeeWork avec Samuel Raaymakers.
Un départ en fanfare
Sur ses deux premiers exercices, l’entreprise a porté son chiffre d’affaires de 1,2 à 2,7 millions d’euros tout en quadruplant son nombre de clients (près de 100 à ce jour). Clôturant à 4 millions d’euros en 2024, elle a travaillé sur une centaine de salons pour cette seule année. Elle compte, notamment sur la Côte d’Azur, plusieurs grands salons à son actif, comme le Mipcom (audiovisuel), le Mipim (immobilier), le Cannes Lions (publicité), l’ILTM (voyage de luxe), etc. Face à cette croissance, qui lui a valu une mention au prix Alfred Sauvy 2024 décerné par l’écosystème catalan, WoodBeeWork se trouve à l’étroit dans sa configuration actuelle (1 000 m² dans les murs d’une ex-coopérative agricole de Prades). Elle vient donc d’acquérir un terrain de 9 000 m2 pour y construire de nouveaux locaux, investissant 3 millions d’euros dans l’opération.
Une usine automatisée
Livrable en 2026, le futur site de 3 500 ou 4 000 m2 permettra de regrouper les différents pôles de WoodBeWork : les ateliers de production, la zone de stockage et la partie administrative, située aujourd’hui à Marquixanes. Mais l’opération va aussi permettre à la société d’industrialiser ses process. "Nous utilisons déjà des outils industriels, comme des machines de découpe ou des centres d’usinage numériques, mais ils fonctionnent de façon indépendante. Le nouveau site permettra de les lier à la zone de stockage où arrivent les matériaux bruts : un robot-stockeur viendra alimenter les machines automatiquement. Cela permettra de doubler la production dès la mise en service, sans compter la réduction de la pénibilité au travail, de l’impact carbone, etc.", décrit Arnaud Kircher, responsable de production et associé des fondateurs.
Un fort tropisme à l’export
Selon Samuel Raaymakers, "le nouveau site permettra d’atteindre 10 millions d’euros de chiffre d’affaires dans les trois ans". Mais WoodBeeWork, dont les dirigeants affichent 20 ans d’expérience dans l’événementiel, profite aussi d’un fort développement export, avec des opérations signées aux États-Unis, en Europe, en Indonésie, aux Émirats arabes unis ou à Singapour rien qu’en 2024. "Nous venons de créer une holding afin de loger Atmosfira, une société fondée l’an passé à Barcelone. Elle nous servira de filiale pour attaquer les marchés espagnol et portugais en 2025", poursuit le dirigeant.
Une signature RSE
Enfin, WoodBeeWork capitalise aussi sur son approche RSE de l’événementiel : elle fabrique des stands modulaires, dont toutes les pièces sont réutilisables "à la façon d’un Lego". "Après le Covid, les organisateurs ont eu des grandes exigences en matière de RSE. En recyclant nos habillages et nos cloisons, nous avons constitué un catalogue de formes écoresponsables, qui est un facteur différenciant pour ces clients", conclut Béatrice Masselot.