West : «Nous attendons une reconnaissance des clusters»
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West : «Nous attendons une reconnaissance des clusters»





Après avoir oeuvré pour la création des pôles de compétitivité, le Nantais Jean-Yves Delaune s'est beaucoup démené ces derniers mois pour la reconnaissance des clusters. Le directeur général délégué de West se dit agacé par le report de l'appel à projets destiné à soutenir les grappes d'entreprises.


Qu'est ce que l'appel à projets sur les grappes d'entreprises?


L'État a lancé en octobre dernier un appel à projets afin de favoriser les clusters en France. À ma connaissance, 112 clusters ont déposé un dossier. Dans un premier temps, l'État retiendra des clusters existants. Sans doute une vingtaine de dossiers. Il est prévu une seconde vague de sélection-cette fois ouverte à des projets émergents- au cours du second semestre 2010.




Le problème, c'est que l'État a repoussé le résultat de l'appel à projets à une date indéterminée. Qu'est ce que cela vous inspire?

Cela m'a vraiment contrarié. Je ne suis pas du tout content de ce report car il nous amène à décaler dans le temps nos projets de développement. La décision, qui devait intervenir en février, a été repoussée à cause des élections. Je tiens à dire que les services administratifs de l'État ont parfaitement joué le jeu. Cela coince sur une question purement politique. Normalement, cet appel à projets ne devrait pas être remis en cause. Michel Mercier (NDLR: ministre de l'Espace rural et de l'Aménagement du territoire) y tient.


Quand vous attendez-vous à une réponse de l'État?

J'espère une décision pour la fin avril ou le début mai. Ce qui est navrant, c'est que la relation avec le politique n'est plus de confiance. Tout est possible, le bien comme le pire...


Si le cluster West est sélectionné, qu'est ce qui va changer?

D'abord, il s'agit d'une reconnaissance officielle. Les clusters n'en bénéficient pas aujourd'hui alors qu'ils jouent un rôle important en termes d'activité. Cette reconnaissance, nous l'attendons depuis longtemps. Les pôles de compétitivité aussi: cela leur permettra de mieux travailler avec nous.


C'est-à-dire?

Sans une reconnaissance des clusters par l'État, nos interlocuteurs sont aujourd'hui gênés aux entournures dans les relations qu'ils entretiennent avec nous. La démarche de soutien aux clusters s'inscrit en complément et non pas contre les pôles. Nous allons donc pouvoir nous associer à des pôles et obtenir, seul ou avec eux, des financements de l'Agence nationale de la recherche et du Fonds unique interministériel. Ensuite, l'État doit nous apporter un soutien financier, sous la forme d'une somme de 100.000€ sur un an, renouvelable une seconde année. Cela alimentera les ressources de fonctionnement du cluster.


Quelles conséquences pour le budget de West?

Notre budget de 480.000€ est autofinancé à 100%aujourd'hui. En 2010, sans l'aide de l'État, nous disposons de 510.000€. Avec son soutien et grâce à l'effet levier qu'il va générer, nous pourrons disposer de 790.000€ en 2010. Et de la même chose en 2011.


Et en termes de projets des entreprises?

Nous allons pouvoir accélérer. D'autant - et c'est très intéressant-que l'appel à projets reconnaît le droit à l'expérimentation et à l'erreur. C'est essentiel pour développer des initiatives innovantes. Nous allons pouvoir financer des expérimentations et non pas de la R & D, c'est-à-dire un mode d'innovation plus souple. La pertinence de West, c'est de faire se rencontrer les différents acteurs de l'agroalimentaire de l'Ouest - nous regroupons 170 personnes morales et 300 personnes physiques -et de les accompagner dans la mise en place de projets coopératifs. L'objectif, c'est de créer de la valeur ajoutée à court terme. Pour l'instant, une soixantaine de projets sont engagés. Ce sont par exemple la création d'une plate-forme de traçabilité pour la filière volaille, le développement d'une nouvelle technologie ?potabilisant? les eaux des industries agroalimentaires ou la mise en place d'une filière complète de méthanisation à la ferme. Ces projets représentent un potentiel de création de valeur d'environ 100M€ sur trois ans.

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