Web : Le terrain vierge des PME finistériennes
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Web : Le terrain vierge des PME finistériennes

Difficile d'imaginer aujourd'hui une campagne de com sans volet web. En Finistère, les grands groupes n'échappent pas à la tendance et consacrent 20%, en moyenne, de leur budget sur la toile. Sur le marché des PME, en revanche, les agences doivent faire preuve de pédagogie.

Fin 2010, Internet est devenu le troisième média aux États-Unis. Dans quelques mois, ce sera le tour de la France de connaître cette évolution sans précédent. En Finistère, le tourisme et l'industrie agroalimentaire sont les plus concernés. Les grands comptes dépensent en moyenne 20% de leurs budgets dans le web. «Ils ne veulent plus seulement un site mais une offre en webmarketing, avec des leviers sur la fréquentation, la transformation, des relais au niveau du marketing terrain...», explique Julien Sévellec, associé de l'agence digitale Yellowcake Concepts à Brest. Au sein du Studio T, agence bretonne filiale du groupe Le Télégramme, le web représente 5 points de la marge brute. L'objectif est de le développer. «Dans l'agroalimentaire, il y a forcément des choses à faire pour informer le consommateur, lui donner des recettes, créer un lien très fin avec lui», explique Benoît Roby, son DG.




«Le marché des TPE et des PME: très compliqué»

La tâche reste immense en Finistère. Le potentiel est là pour qui prend son bâton de pèlerin et ne demande pas non plus des tarifs exorbitants. «Le marché des TPE et des PME est très compliqué. En général, elles ne sont pas prêtes à mettre plus de 1.000 € alors qu'il faut compter de 5.000 € à 50.000 € pour un site sur-mesure», explique Sébastien Le Corfec d'Evernet. Cette agence brestoise a donc mis en place une offre à 990€ pour un compromis entre le site clé en main standardisé et le site sur-mesure. Chez Evernet, sur huit salariés, un commercial est désormais exclusivement dédié à cette offre. «Au départ, on ne comptait pas aller sur ce terrain. Mais lors du salon Solutic de février dernier, je me suis aperçu que beaucoup d'entreprises étaient intéressées par des offres internet sans avoir un budget conséquent», poursuit Sébastien Le Corfec.




Des sites faits par les informaticiens

Si en dix ans, l'évolution des comportements vis-à-vis du web, est notable, il faut toujours et encore faire preuve de pédagogie. «Cette année, on a passé pas mal de temps à expliquer les leviers du webmarketingà nos clients, confie Julien Sévellec. Dans les industries agroalimentaires notamment, il n'existe pas toujours de services marketing. Dans les PME, les sites sont parfois réalisés par des informaticiens. Notre travail est alors de favoriser l'expérience utilisateur.»




Grandes agences: plutôt à Rennes et Nantes

Pourtant, les possibilités sont nombreuses: mise en place de mini-sites autour des marques, de jeux en ligne pour la qualification de bases de données, d'opération d'emailing favorisant les plateformes de marques, d'association avec des blogueurs pour les lancements des produits... «Les gens commencent à comprendre l'intérêt du support, les possibilités de géolocaliser la cible et de s'adresser à des gens directement intéressés, de connaître son retour sur investissement», poursuit Julien Sévellec.





Sur l'organisation du marché en lui-même, les agences du Finistère croisent peu les DDB et Euro RSCG sur leurs terres. «La concurrence se concentre plutôt à Nantes et Rennes. Ils viennent peu sur les budgets finistériens qui oscillent de 10K€ à 25 K€», poursuit Julien Sévellec. «Les gros budgets restent ceux des collectivités et des événements tels que Brest 2012 ou les Vieilles Charrues», détaille Sébastien Le Corfec. Les agences spécialisées comme Yellowcake ou Evernet travaillent en sous-marin pour des agences globales qui se séparent de leur branche web en raison de la faible marge sur le secteur.




«Un directeur digital artistique réfléchit différemment qu'un DA print»

Pour certains, la situation est en train d'évoluer. «À Paris, les plus belles agences spécialisées dans le web, créées il y a dix ans, ont toutes été rachetées par des agences généralistes de communication. Cette évolution va aussi se produire en Finistère» juge Benoît Roby du StudioT. Un point de vue que partage en partie Julien Sévellec. «Certains vont intégrer des agences digitales chez eux. D'autres vont recruter des DA web et sous-traiter la partie fonctionnelle, développement et CMS. Et d'autres resteront indépendants car le média est en pleine évolution. Moi, j'ai tendance à dire qu'un directeur digital artistique réfléchit différemment qu'un DA print. La créativité est différente».




AC3: Un nouveau modèle économique

D'autres, enfin, expérimentent des modèles économiques qui sortent des sentiers battus.

«Notre approche est verticale. Quand Evernet fait du site sur mesure haut de gamme pour toutes sortes de secteurs, nous, nous faisons du sur-mesure avec un noyau commun pour un seul segment», explique Charles Cabilic, directeur général d'AC3 Distribution à Brest (1,6M€ de marge brute; 30 salariés).

«Aujourd'hui, l'immobilier représente 95% de notre activité. Nous sommes très spécialisés. 50% de nos salariés sont d'anciens agents immobiliers», explique ce Brestois. Sur les 30.000 agences immobilières de France, 8.650 sont ses clients. «Dans ce secteur les agences ne peuvent pas survivre si elles n'ont pas de site internet. Nous leur proposons des services, logiciel, téléphonie, sites personnalisés, maintenance,etc. Avec un noyau commun, ce qui permet d'industrialiser un peu». D'autre part, l'évolution des canaux du web (télé, tablettes, téléphones, ordinateurs...) nécessite une évolution des compétences difficile à obtenir sans masse critique. Avec ces 30 salariés, AC3

se rapproche maintenant

plus d'une société informatique que d'une webagency.

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