Lors du salon CES de Las Vegas, en janvier 2025, la start-up héraultaise Washin (10 salariés, CA 2024 : 4,4 M€) a fait forte impression en dévoilant son premier système de lavage intelligent, baptisé "NoLa" (pour "No Laundry", ou "pas de lessive" en VF). Cette machine de 2,9 m d’envergure est équipée de bras robotiques et de 6 tambours pour gérer le lavage, séchage et stockage des vêtements sans manipulation du client en laverie. S’appuyant sur une équipe R & D de 5 ingénieurs, Washin continue à décliner sa gamme de solutions connectées, dont une version modulaire de NoLa.
Les variantes d’un nouveau concept
Appelé "NoLa Brain", ce nouveau prototype est conçu autour de la partie centrale de NoLa : de format plus compact (2 tambours), il peut s’adapter aux besoins des futurs clients. "Il est possible d’y rajouter d’autres tambours sous forme de modules, et ce jusqu’à 9 modules, en hauteur ou en profondeur selon la configuration des lieux", décrit Dimitri Belin, PDG de Washin.
De même, Washin a lancé la R & D autour de "Cozy", une station de lavage mobile traitant, grâce à l’ozone, des équipements qui ne passent pas en machine (bottes ou casque moto, chaussures de ski, robes de soirée…). Montée sur remorque, fonctionnant à l’énergie solaire, elle vise des publics tels que les parkings routiers, les stations de ski, les crèches ou les festivals.
Des préséries imminentes
Toutes ces innovations sont en voie de finalisation. Le système NoLa équipé de son intelligence artificielle (IA) est fonctionnel, et Washin prévoit de fabriquer ses 15 premières préséries au dernier trimestre 2025. Pour les autres solutions, la start-up est en recherche de sites de test afin de les valider lors du premier semestre 2026. "Les constructeurs de machines classiques font du bon travail, mais notre ambition est de réinventer tout l’environnement du lavage connecté", résume Dimitri Belin.
Le défi de l’industrialisation
Afin d’accompagner ces développements, Washin vient de quitter ses locaux de Baillargues (Hérault), devenus trop petits avec 90 m2, et d’intégrer un nouveau siège de 300 m2 situé à Valergues (Hérault), près de Lunel. L’investissement de 650 000 euros a permis notamment de rapatrier les stocks, positionnés jusqu’ici à Lyon (où elle conserve toutefois 600 m2 de capacité en entrepôt).
L’unité de R & D est logée dans des locaux situés en Avignon (Vaucluse), où Washin pourra aussi fabriquer jusqu’à 4 machines par mois. Pour aller plus loin, et dans l’hypothèse où la start-up évoluerait un véritable industriel, Dimitri Belin indique que des contacts sont pris avec un grand fabricant du secteur, qui accueillerait dans une usine une ligne de fabrication dédiée aux produits Washin. Mais la décision n’est pas encore prise.
Une traction commerciale solide
Pour l’heure, Washin reste un exploitant de laveries connectées. Celles-ci sont pilotées par son application maison, dont une deuxième version munie d’IA générative est annoncée sous peu. Depuis sa création en 2019, Washin a installé 2 800 machines dans 750 laveries, grâce à un réseau d’installateurs partenaires ou intégrés à l’entreprise. Elle vise le cap des 1 000 laveries dans les 18 mois.
Surfant sur une croissance annuelle de 25 à 30 % (37 % attendus en 2025), Washin passera de 4,4 à 5,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025. Elle compte plus de 50 clients, parmi lesquels des opérateurs immobiliers (Vinci, Appart’City, Citya…) ou des industriels comme TotalEnergies (elle équipe ses stations-service de laveries en format kiosques). Elle vient de réussir une percée dans les résidences sociales en signant avec Adoma, filiale de CDC Habitat, pour un lot de 15 machines.