Vueling : Ne l'appelez plus compagnie low-cost
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Vueling : Ne l'appelez plus compagnie low-cost

Son défi La compagnie aérienne débarque à Brest en mars. Elle veut imposer son concept de compagnie «nouvelle génération», entre low-cost et traditionnelle.

Linda Moreira, directrice France de Vueling, l'avoue: une ligne Brest-Barcelone, elle n'y croyait pas. Pourtant la CCI de Brest, qui gère l'aéroport, a su la convaincre. Le premier vol aura lieu le 25mars prochain. «C'est la nouvelle destination dont les réservations démarrent le mieux», s'étonne la dirigeante. Celle-ci reconnaît même être plutôt heureuse d'avoir eu tort au départ. Les premiers vols (deux allers-retours directs hebdomadaires) sont en effet pratiquement complets. La ligne a, de toute façon, jusqu'à la fin de l'hiver prochain pour faire ses preuves. «C'est ce que l'on fait partout où nous arrivons. On démarre petit, on lance l'été, on consolide l'hiver. Puis on fait le bilan», explique la directrice France. Assez peu d'inquiétude à avoir pour Brest. «13% de l'offre globale ont déjà été vendus quand la moyenne est en général autour de 5%», apprécie-t-elle. Un succès lié à la destination, mais surtout au prix (59,99€TTC, l'aller simple), plus attractif que la concurrence. Pourtant, Vueling, née en 2004, refuse d'être qualifiée de low-cost. «C'est notre ADN, bien sûr, indique Linda Moreira. Mais aujourd'hui nous sommes une compagnie nouvelle génération. Nous proposons les mêmes services que les compagnies traditionnelles avec un prix plus proches de ceux du low-cost.»




«Code share» avec Iberia

La stratégie? Avoir choisi le "meilleur" des deux mondes. D'un côté, les services (bagages, snacks) et les prix tout inclus d'un côté pour satisfaire les clients. De l'autre, l'infrastructure légère des ventes sur internet (qui concernent les particuliers et les agences de voyage) et la sous-traitance du personnel au sol pour faire baisser les coûts. Vueling en est encore à communiquer sur ces services inclus mais aspire à ne plus avoir à le faire. «Les autres compagnies ne font pas la liste des services à bord, les clients les connaissent. Pour nous, c'est pareil», note la directrice. La compagnie tire aussi partie de son actionnaire principal, la compagnie espagnole Iberia (45% du capital). Les deux pratiquent le «code share». Ce partage de codes permet à Vueling de faire commercialiser ses billets par le réseau d'Iberia. Mais ce positionnement «nouvelle génération» n'a pas empêché la compagnie de connaître les mêmes écueils que les low-cost. Le 31janvier dernier, Vueling a été condamné en appel pour une affaire de travail dissimulé à Roissy-Charles-de-Gaulle qui date de 2008. «C'est une vieille histoire, nous avions obtenu gain de cause en première instance, raconte Linda Moreira.Nous estimons que nous avons raison. La loi est compliquée. Nous avons appliqué le droit européen. Les charges sociales étaient payées en Espagne. Nous sommes allés voir les autorités de l'aéroport avec notre dossier. À l'époque, personne ne nous a rien dit. Mais quelques mois plus tard, l'Urssaf nous tombait dessus.» Un vrai problème français pour la dirigeante: «Si la France continue à s'acharner, aucune compagnie n'investira dans des plateformes dans ses aéroports. Nos avions iront "dormir" ailleurs.»

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(Barcelone) Directrice France: Linda Moreira 1.300 salariés 797millions d'euros de chiffre d'affaires 0177931818

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