Volaille : Terrena et Avril (ex-Sofiprotéol) en négociations exclusives pour la reprise de Doux

Volaille : Terrena et Avril (ex-Sofiprotéol) en négociations exclusives pour la reprise de Doux

Le groupe d'Ancenis (44) Terrena, accompagné par Avril (ex-Sofiprotéol), entre en négociations exclusives avec D&P Participations, actionnaire majoritaire du volailler finistérien Doux, pour une reprise majoritaire du capital. L'annonce vient d'être faite au comité d'entreprise à Châteaulin. Si les syndicats se disent « encore dans le flou », Didier Calmels, de la holding D&P Participations, estime quant à lui qu'il est temps de « passer la main ».

Le groupe coopératif Terrena (4,7 milliards d’euros de CA ; 12.159 salariés; 22.000 adhérents en 2014), accompagné de Sofiprotéol au titre d’actionnaire minoritaire, ont annoncé la signature d’un accord d’exclusivité avec D&P Participations, filiale de la holding de la famille Calmels, en vue du rachat de sa participation majoritaire dans le Groupe Doux.

Actuellement, Doux est détenu à 52,5% par D&P Participations, la holding de Didier Calmels, et par Almunajem (25 %), l’un des plus gros clients saoudiens du groupe finistérien. La famille Doux elle, a conservé 22,5 % du capital. « A l’issue de l’opération, Terrena, accompagné de Sofiprotéol en tant qu’actionnaire minoritaire, détiendrait la majorité du capital du Groupe Doux aux côtés des actionnaires de référence actuels», indique la direction du groupe finistérien dans un communiqué. «Par ce projet, les partenaires entendent tirer parti d’un marché de la volaille en croissance porté par une consommation mondiale dynamique, et contribuer à la consolidation d’une filière volaille compétitive à l’export et créatrice de valeur pour les éleveurs français». Selon nos informations, le saoudien Almunajem « ne compterait pas bouger, mais la famille Doux n'aurait pas encore arrêté son choix de façon définitive».

« Nous étions là pour faire la transition »
Une sortie de D&P Participations annoncée de longue date par Didier Calmels, président du Conseil de Surveillance de Doux, dont il était venu au secours après le dépôt de bilan du groupe finistérien en 2012. « C'était prévu depuis notre arrivée : nous étions là pour effectuer la restructuration et faire la transition», a-t-il ainsi déclaré après avoir annoncé la nouvelle aux salariés et aux syndicats. « Il est temps pour nous de passer la main à des gens dont le métier est de développer une entreprise telle que Doux. Nous avons traversé des moments difficiles : arrêt des restitutions européennes, baisse du dollar, inflation au Brésil... L'arrivée d'Almunajem a permis de rééquilibrer le marché, et nous sommes désormais largement bénéficiaires», a poursuivi celui qui, dès son arrivée dans le groupe en 2012, s'est employé à effacer une dette de 430M€, - aujourd'hui réduite à 89M€ étalés sur 10 ans -, et qui devrait atteindre les 80M€ d'ici la fin de l'année.

« Pas de nouvelle restructuration à l'horizon car les activités sont complémentaires »
Une remise à flot qui ne s'est pas faite sans casse : « Il a fallu restructurer le pôle "frais", qui perdait tout de même 40M€ par an, et la suppression d'un peu plus d'un millier de postes aura probablement été le choix le plus douloureux dans ce dossier», a poursuivi Didier Calmels. « Aujourd'hui, Doux emploie 2.200 salariés (dont un peu plus de 1.700 en CDI, NDLR), sans compter les éleveurs qui nous fournissent et représentent plusieurs milliers d'emplois. Je pense qu'ils sont aujourd'hui sauvés et, je l'espère, de façon définitive. Le chiffre d'affaires est quant à lui parti pour augmenter encore au cours des prochaines semaines».
Mais se faire racheter par des géants tels que Terrena ou Sofiprotéol ne risque-t-il pas d'engendrer des doublons dans la chaîne de valeur, et donc de nouvelles restructurations? « Non, car il s'agit d'activités totalement complémentaires : Terrena est sur le marché français, tandis que Doux est sur l'export», rassure Martin Calmels, fils de Didier Calmels et membre du directoire de Doux.

« Nous ne sommes pas surpris »
De leur côté, les syndicats attendent de voir : « On est un peu dans le flou mais nous ne sommes pas surpris car on s'y attendait : on avait remarqué les visites sur différents sites ces derniers temps », a confié Patricia Le Bars, déléguée CFDT, à l'issue de la réunion d'information aux salariés. « On attend de voir : on nous a annoncé un calendrier qui va se mettre en place à partir de la fin du mois. Le CCE sera consulté début juillet et il faudra ensuite que le dossier passe devant le tribunal de commerce et l'Autorité de la concurrence. Je pense qu'on en saura plus à la rentrée». Côté FO, Nadine Hourmant n'est pas plus étonnée. « Didier Calmels avait toujours dit qu'il était un financier (1) et qu'il ne resterait que trois ans : il tient ses engagements. Pour nous, la priorité est désormais de garder le périmètre de l'entreprise, tant sur les sites industriels que sur l'emploi».

Croissance prévisionnelle des volumes de 8 à 10%
Troisième acteur français de la volaille avec 457 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2014, le groupe de Châteaulin, sorti de son redressement judiciaire fin 2013, est aujourd’hui présent sur deux marchés principaux : le grand export de volaille, notamment vers le Moyen-Orient, et les produits élaborés, principalement sous la marque Père Dodu. Doux emploie 2.317 personnes et vise un chiffre d’affaires pour 2015 de l’ordre de 530 millions d’euros avec une croissance prévisionnelle des volumes de 8 à 10 %.

(1) La holding D&P fondée par Didier Calmels intervient en tant qu’actionnaire dans des sociétés en développement ou confrontées à des situations complexes. Le groupe D&P gère ainsi plus de 200 M€ à travers ses fonds d’investissement souscrits auprès d'institutionnels français ainsi que de plus de soixante-dix entrepreneurs, et prend des participations en direct dans des entreprises telles que le Groupe Doux, dont il est actionnaire majoritaire depuis 2013.

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