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icolas Garcia, devenu directeur du syndicat des Côtes de Provence, vous a passé la main fin août. Quelle est votre nouvelle fonction ?
Elle est double. Comme directeur du syndicat des vins de Fronton, je travaille plutôt sur l'amont, à travers le cahier des charges de l'AOP (appellation d'origine protégée) et le contrôle de la production, notamment. À la tête de la section Fronton de l'Ivso (Interprofession des vins du Sud-Ouest), je suis plus sur l'aval via des actions de communication par exemple.
Que pèse cette appellation ?
Fronton est une "petite" appellation, qui fêtera ses 40 ans en 2015 : 2.400 ha, 40 vignerons indépendants dont une dizaine en agriculture biologique et une cave coopérative avec 100 adhérents, pour un volume total d'environ 60.000 hl, répartis entre vins rouges et rosés (65 % - 35 %). Les jeunes viticulteurs sont aussi très présents.
Comment s'annonce le millésime 2014 ?
Très intéressant, car il conjugue quantité et qualité. La récolte tourne aux environs de 60.000 hl, ce qui en fait une bonne année, surtout comparé à 2013, où moitié de la récolte avait été perdue à cause de la grêle. En plus, cette année, la météo a été excellente du 20 août jusqu'aux vendanges.
Quels objectifs vous êtes-vous fixés ?
Je souhaite poursuivre le travail sur la qualité qui est fait depuis 10-15 ans et qui se traduit par une montée en gamme progressive. En parallèle, il nous faut expliquer aux consommateurs que les vins de Fronton ont changé.
Concrètement, quelles sont les actions à mener pour redorer l'image de l'appellation ?
Il n'y a pas meilleure communication que de mettre du Fronton dans les verres des gens ! Localement, nous devons être le plus possible présents auprès des Toulousains pour leur expliquer qu'ils ont un vignoble juste à côté de chez eux - d'où notre nouveau logo, avec pour slogan "Fonton, le vin des Toulousains" -, que celui-ci produit des vins de qualité et qu'on y trouve un cépage unique au monde : la négrette. C'est dans cette optique que nous sommes présents sur des manifestations grand public comme Toulouse à Table ou Rio Loco, mais aussi auprès de prescripteurs comme les structures touristiques, les collectivités, etc. En octobre, nous avons par exemple participé à la soirée des mécènes du musée des Abattoirs et nous avons récemment répondu à un appel d'offres de la Ville de Toulouse pour être référencés dans leurs réceptions. Un projet de nouvel événement à Toulouse, destiné au grand public comme aux professionnels, est également en réflexion.
Quelle stratégie déployez-vous au-delà du niveau local ?
Elle passe surtout par la presse mais avec un budget communication qui tourne entre 100.000 et 150.000 € - contre 50 M€ pour les vins de Bordeaux -, il faut trouver d'autres leviers que l'achat d'espaces publicitaires dans des revues. Nous proposons beaucoup de dégustations, avec d'excellents retours. Quand un titre comme Gault et Millau, la Revue du Vin de France ou L'Express Styles met en avant l'une de nos bouteilles dans ses colonnes, cela a un impact énorme en terme d'image. Même chose avec le Guide Hachette des Vins 2015, dans lequel nous comptons 25 références, dont trois coups de coeur, soit à peu près autant de citations que l'appellation Fitou, pourtant bien plus grosse que la nôtre.
Pour la première fois, vous avez aussi participé au Salon du blog culinaire du site 750g.com. Dans quel but ?
C'est un salon que je connais bien, pour y avoir plusieurs fois participé comme chargé de communication et relations presse pour les fromages AOP d'Auvergne, un poste que j'ai occupé pendant cinq ans et demi avant d'arriver ici. Il est encore trop tôt pour mesurer l'impact de cette première participation, mais les blogueurs culinaires sont une cible très intéressante car ils s'intéressent beaucoup aux produits et les plus connus d'entre eux peuvent affichent une audience de 50.000 visiteurs/jour !
Viticulture. Nouveau directeur du syndicat des vins de Fronton, Benjamin Piccoli veut poursuivre la montée en gamme de l'appellation et combler son déficit d'image.