«Virgin, c'est une marque reconnue avec une connotation internationale qui ne peut être que bénéfique, dans l'idée d'insuffler des valeurs d'audace», déclare la porte-parole de la direction de Lagardère Active, qui rassemble les activités audiovisuelles du groupe Lagardère. Et c'est précisément ce que contestent les représentants du personnel et des syndicats à leur direction, explique l'un de leur représentant: «Pour nous, ce passage à la marque Virgin est une erreur stratégique car la marque Europe 2 était une référence qualitative éditoriale et une force de par ses implantations locales, ce qui plaisait à nos annonceurs et faisait la différence. Le changement de nom nous a vulgarisé, et surtout il ne porte pas les valeurs d'Europe 2. On a calé notre modèle sur celui de radios comme Fun radio: nous avons pris la concurrence de plein fouet et nos auditeurs n'ont pas suivi». Autre problème soulevé par les représentants du personnel, le peu d'engagement marketing de Lagardère pour porter la nouvelle marque: «Au bout d'un an les sondages prouvaient déjà qu'on avait subi une forte chute d'audience, en partie à cause de ce déficit de notoriété. Et aujourd'hui, on nous explique qu'il faut restructurer car les choses vont mal!» Un déficit de notoriété que réfute la direction: «Le dernier baromètre Médiamétrie est dans une perspective de repositionnement positif» et qui précise que: «Toutes les radios sont affectées par les nouveaux modes de consommation musicale et 2009 a été une année particulièrement difficile en terme économique. Aujourd'hui, Lagardère Active souhaite maintenir sa présence locale mais en ajustant. Une réflexion est entamée et les fréquences d'une vingtaine de villes sont concernées».
Information-consultation du personnel
C'est en ces termes que Lagardère présente sa future réorganisation: «Le CSA instruit nos dossiers depuis le 24février», mais pour le personnel et les syndicats l'inquiétude est grandissante: «La direction n'est pas ouverte à nos arguments, elle ne laisse que très peu de marges de manoeuvre, c'est pourquoi nous utiliserons les leviers juridiques et médiatiques pour défendre nos emplois car aujourd'hui sur la vingtaine de villes concernées telles que Tours, Amiens, Reims ou encore l'antenne de Mantes-la-Jolie basée à Evreux, ce sont 32 postes qui sont menacés, soit le tiers des effectifs Virgin Radio et RFM. Et puisque la direction ne veut pas négocier, on s'inscrit dans une logique du tout ou rien, afin de faire capoter le projet dans son ensemble». Des salariés qui remettent fortement en cause la gestion de la direction: «Pour preuve, les directeurs des programmes et de la commercialisation ont été remerciés fin 2009, un an après leur arrivée!» Des propos que rejette la représentante de la direction qui parle, elle: «D'une nouvelle direction pour créer une nouvelle dynamique, nécessaire dans un contexte difficile». Un conflit naissant qui trouvera peut être ses premières réponses lors d'une réunion prévue entre les parties le 9 mars prochain.
Sébastien Colle
Début 2008, Europe 2 est devenue Virgin Radio. Un choix apparemment pas très heureux de la part de la direction du groupe Lagardère, propriétaire de Virgin Radio et RFM, qui entâme une réorganisation de ses réseaux locaux dont celui d' Evreux.