Le 29 septembre, Virbac et la Banque européenne d'investissement (BEI) ont signé un contrat de financement de 90 millions de dollars. L'occasion pour le groupe vétérinaire azuréen, n°7 mondial du secteur, de diversifier ses sources de financement pour soutenir ses programmes de R&D. Mais pas que. « Au-delà de l'aspect purement financier qui est extrêmement important, le fait d'avoir à nos côtés la BEI est un gage de pérennité qu'en tant qu'européens convaincus nous apprécions énormément », a tenu à préciser Eric Marée, président du Directoire de Virbac.
Relancer l'investissement en Europe
Fondée par le traité de Rome, la BEI est une institution européenne qui « a pour vocation de financer les grandes priorités de l'Union européenne », a souligné son vice-président, Ambroise Fayolle. Et ce dans quatre grands secteurs : l'innovation, les infrastructures, la lutte contre le changement climatique et les PME. Or, « on sait tous que l'innovation est la clé de la compétitivité des entreprises d'où ce nouveau programme d'investissements dit Plan Juncker qui vise à relancer l'investissement en Europe en nous permettant de financer directement des entreprises comme Virbac ». En France, en 2016, la BEI a ainsi accordé près de 8 milliards d'euros de prêts, dont 38% dédiés à l'innovation.
8% du chiffre d'affaires consacrés à la R&D
Pour Virbac, cette somme servira donc, en complément des financements bancaires traditionnels, à financer sa politique d'innovation pour laquelle le groupe consacre chaque année 8% de son chiffre d'affaires. Trois grands axes de recherche sont privilégiés. « Les vaccins en général, les programmes antiparasitaires et la pharmacie de spécialité comme les produits liés au vieillissement des animaux de compagnie, la dermatologie ou encore les anti-inflammatoires », précise Eric Marée.
« C'est l'une des deux grandes tendances du marché, le fait que les propriétaires veulent que leurs animaux vivent le mieux et le plus longtemps possible, ce qui suppose des vaccins évidemment, mais aussi des produits pharmaceutiques permettant de favoriser le bien-être animal et d'étendre sa durée de vie ». Forte en Europe, cette tendance croît aussi dans les pays émergents notamment grâce à l'apparition d'une classe moyenne. « C'est particulièrement le cas en Chine ».
Et puis, il y a des programmes de recherche à plus long terme, notamment ceux concernant les substituts aux antibiotiques afin de limiter l'antibiorésistance. « Ce sont des programmes très innovants, souvent en lien avec la recherche publique, avec un facteur de risque élevé , mais des résultats forts si on y arrive », reprend le président du Directoire.
Cinquantenaire
Autant de programmes qui profiteront au siège carrossois de Virbac, là où se concentrent l'essentiel des équipes de R&D, ainsi que le plus important site de production du groupe. « C'est depuis les Alpes-Maritimes que nous servons l'Europe entière », une zone géographique considérée comme « notre principal pilier puisqu'elle représente 40% de notre chiffre d'affaires », souligne Eric Marée. Lequel, après 17 ans de bons et loyaux services, quittera ses fonctions le 31 décembre 2017. Il sera remplacé par Sébastien Huron, vétérinaire de formation, membre du Directoire depuis 2012, en charge des relations commerciales. C'est sous sa présidence, en 2018, que sera célébré le cinquantenaire du groupe, un des fleurons de l'industrie azuréenne qui possède une trentaine de filiales dans le monde, emploie plus de 5.000 personnes (1.200 en France dont plus de 1.000 à Carros) pour un chiffre d'affaires qui flirte avec les 900 millions d'euros.