Avec un chiffre d'affaires de 32 millions d'euros en 2016, la Société d'Economie Mixte VFD (Voies Ferrées du Dauphiné), issue du Conseil Départemental de l'Isère, vient de boucler son troisième exercice bénéficiaire successif. Son résultat net d'exploitation devrait atteindre les 2,3 millions d'euros en 2016, comme l'année précédente. Des chiffres rassurants pour cette SEM qui a connu « une histoire mouvementée », de l'aveu de son président Pierre Gimel, dégringolant en l'espace de dix ans de 700 à 420 salariés. D'abord régie municipale, elle avait pris le statut de SEM sous le mandat d'André Vallini (PS) en 2006, avec une prise de participation de la filiale de la SNCF, Keolis (25 %), et du Crédit Agricole Sud Rhône-Alpes (5 %). Mais lors de ce transfert, les syndicats avaient relevé qu'une partie des cars avait été conservée par une autre structure qui louait ensuite ces équipements à VFD. La perte d'un certain nombre de parts de marchés en 2013, face au concurrent suisse CarPostal, couplée à des blocages internes, avaient fait basculer les comptes de l'entreprise, qui pesait 59,2M? en 2008. En 2014, un rapport de la Cour des comptes avait épinglé à la fois la gestion et la politique commerciale de l'entreprise.
Une refonte en interne
« Un tournant s'est amorcé il y a trois ans, avec l'entrée d'un nouveau directeur général issu de Keolis, d'une nouvelle directrice financière ainsi que de changements de direction au sein de l'équipe syndicale », estime Pierre Gimel. « La nouvelle direction a négocié de nouveaux accords d'entreprise avec les représentants des salariés, qui nous ont remis dans la moyenne de ce qu'appliquaient nos concurrents. Car même si nous sommes une SEM, nous devons être concurrentiels », résume-t-il. Dans ce cadre du redressement, le Conseil départemental avait procédé à une augmentation de capital en nature visant à transférer les derniers véhicules issus de l'ancienne régie à la nouvelle SEM. Deux avances remboursables de 2 millions d'euros et 3 millions d'euros, avaient été octroyées par le conseil départemental afin d'écarter la cessation de paiements. « Aujourd'hui, on n'entend plus parler de VFD sur ces sujets-là », annonce Pierre Gimel, qui rappelle que ces sommes ont été remboursées par anticipation, afin d'assainir la situation de l'entreprise.
Une cession programmée
VFD a également renoué avec les investissements en passant commande de 35 véhicules, puis de 24 nouveaux véhicules en 2017, en vue de compléter son parc de 300 cars. L'objectif ? « Reprendre une position offensive pour amorcer la reconquête ». Mais après les lois Maptam et NOTRe qui transfèrent l'ensemble des compétences transports à la Région, l'Isère devait -comme l'ensemble des conseils départementaux- céder sa société de transport avant le 31 décembre 2016. Un délai qui a été repoussé au 31 décembre 2017. Si la forme juridique de la société évoluera certainement avec l'arrivée de futurs gestionnaires privés, « une seule chose nous importe : que les 420 emplois dans la SEM soient conservés » affirme le président de la SEM. Un premier dossier, déposé par le consortium Keolis-Faure, n'a pas été retenu car il offrait « des perspectives sociales insuffisantes ». Le département a choisi de poursuivre la concertation dans le cadre d'une négociation de gré à gré, en dehors du marché organisé. Réponse d'ici quelques mois...