Versement mobilité : la tension monte d'un cran à l'UPE06 autour de ce nouvel impôt 
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Versement mobilité : la tension monte d'un cran à l'UPE06 autour de ce nouvel impôt 

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Par la voix de son président Pierre Ippolito, l'UPE06 demande à Renaud Muselier, président de la Région Sud, de se prononcer sur le Versement mobilité régional, une nouvelle taxe sur les entreprises qui vise à financer les transports. Alors que le Comité des partenaires régional vient de voter contre, à une courte majorité, il s'agit pour le patron des patrons azuréens, d'être pour ou contre l'entreprise. Y compris dans les rangs syndicaux. Il demande par ailleurs la démission du président de la CPME Sud.

Pierre Ippolito, président de l’UPE06, le syndicat patronal azuréen, demande à Renaud Muselier, président de la Région Sud de se positionner sur le Versement Mobilité régional (VMR) — Photo : Olivia Oreggia

Que décidera Renaud Muselier ? Telle est la question. La loi de finances 2025 permet aux régions d’instaurer, ou non, le Versement mobilité régional (VMR), une taxe sur les entreprises visant à financer les transports en commun : 0,15 % de la masse salariale des sociétés de plus de onze salariés. Soit un montant potentiel de 500 millions d’euros.

Vers une application au 1er juillet prochain ?

Très vite, le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a dit qu’il refusait, précisant qu’il n’était "pas là pour faire les poches des entreprises". Ont suivi ses collègues des régions Pays de la Loire, Auvergne Rhône-Alpes et Normandie. La région Centre-Val de Loire envisage de lever ce nouvel impôt mais pas avant 2026, et le Grand Est refuse de l’appliquer en 2025, voulant se donner le temps de la réflexion.

Quid de la Région Sud ? Son président ne s’est toujours pas exprimé sur le sujet mais ce dernier a été soumis le 4 avril au vote des membres du Comité des partenaires régional (Copart), un organe consultatif créé par la région en 2022.
"Le stress et l’angoisse générés par l’attente d’une réponse sont insupportables pour le monde économique, plaide Pierre Ippolito, président de l’UPE06. On n’a ni un pour ni un contre, seulement un silence pesant et ce Copart où ce projet est présenté pour une application au 1er juillet 2025."

Pierre Ippolito demande la démission d’Alain Gargani

Le Copart ayant voté contre l’application du VMR, l’UPE06 (Union pour l'Entreprise) devrait être rassurée. Il n’en est rien. Car le résultat s’est joué à une courte tête : 11 voix pour, 14 contre… et 5 abstentions parmi lesquels le représentant de la CCI régionale et deux de la CPME Sud. Et c’est là que le bât blesse.

"La CPME Sud a envoyé seulement deux représentants qui se sont abstenus, reprend un Pierre Ippolito passablement irrité. Alors que les CPME départementales, notamment 06 et 83, sont contre et que le président de la CPME nationale a bien précisé que la confédération était contre. Je demande donc officiellement la démission de son président Alain Gargani, parce qu’on ne peut pas être élu régional de la majorité (il est délégué au numérique et à l’innovation, NDLR) et président d’un syndicat patronal. Il y a un conflit d’intérêts majeur, parce qu’on a deux patrons : Renaud Muselier et les entreprises."

Pierre Ippolito réclame un alignement de ses pairs et des représentants syndicaux, en faveur de l'entreprise — Photo : Olivia Oreggia

"Des pressions" pour orienter les votes ?

Le patron des patrons va plus loin en fustigeant le manque de courage de ses pairs, qu’ils soient abstentionnistes, absents ou juste silencieux sur la question. "Si on doit subir des pressions et qu’on n’est pas aptes à y faire face, on n’a rien à faire dans le monde syndical patronal. Malheureusement, ces pressions sont d’usage. Ce peut être un coup de fil pour demander l’abstention, pour dire que la réunion n’est pas importante et qu’il n’est pas nécessaire de venir, pour expliquer tout ce qu’on fait de bien avec tout l’argent reversé dans l’économie, sous-entendant qu’il pourrait y en avoir moins pour les entreprises qui n’accompagneraient pas la politique régionale ou de certaines collectivités… Ce qui me pose un problème n’est pas tant que des élus tiennent ce discours, mais que des représentants syndicaux acceptent de se coucher. La soumission, c’est fini, le silence, c’est fini."

Pierre Ippolito n’exclut pas de faire un signalement au procureur pour que "les langues puissent se délier".

70 millions d’euros à verser pour les entreprises en région Sud

L’UPE 06 évalue entre 16 et 18 millions d’euros le montant des prélèvements pour les entreprises maralpines et à 70 millions d’euros pour les entreprises en région Sud si le VMR devait être appliqué.

"Le moindre impôt supplémentaire sur les entreprises est un risque de défaillances majeur."

Pierre Ippolito veut croire que la Région Sud montrera cette fois encore son soutien "aux entreprises et aux travailleurs", en renonçant à cette nouvelle taxe, comme l‘a fait Christian Estrosi à Nice. "La Métropole par exemple, a présenté un budget sans augmentation de la fiscalité sur les entreprises locales. Nous avons eu un débat, des discussions, et à la fin, Christian Estrosi a choisi l’entreprise. Je ne comprendrais pas qu’il puisse valider ou voter pour un VMR alors qu’il a lui-même fait l’effort de préserver l’investissement. Le contexte économique est tel que le moindre impôt supplémentaire sur les entreprises est un risque de défaillances majeur."

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