Près de 3.000 km de fibre optique. Vendée Numérique, qui réunit le Département et le SyDEV viennent de lancer un plan de déploiement de l'internet très haut débit (2016-2020).
Un projet à 90 M€
Le groupement d’intérêt public (Gip) Vendée Numérique a retenu Orange pour construire, activer et commercialiser le réseau. Propriétaire dudit réseau, la collectivité louera ensuite l’outil aux divers opérateurs qui se manifesteront.
Coût global du projet : plus de 90 millions d’euros. Département et communautés de communes en financent plus de la moitié. Région, Etat et Union Européenne apportent le reste.
Au cœur du projet, le chantier « mobilisera une centaine de personnes », estiment les élus. En termes d’impact local, Orange s’est engagé à ce qu’au moins 50% des missions soient réalisées par des entreprises ou des succursales vendéennes. Parmi les sous-traitants associés figurent notamment : Spie, Eiffage Energie, Cofely Ineo, Vfe, Bodin, Svit…
«Autoroute» du numérique
« On va créer un grand autoroute, avec suffisamment de branches et d’échangeurs pour ne pas avoir à faire de modifications quand on multipliera les petites routes qui vont s’y relier », indique Alain Leboeuf, pour justifier l’ampleur du projet. Le député (LR), s'exprimant sous sa casquette de président du SyDEV, ce syndicat représentant les 282 communes vendéennes, déjà propriétaire de réseaux électriques et de gaz dans le département.
«50% à 60% des lignes éligibles au très haut débit en 2020 »
« Environ 40% des lignes téléphoniques vendéennes auront la chance d'être éligibles à la fibre optique en 2020 », annonce l'élu. Au total, plus de 135.000 foyers et entreprises auront donc la possibilité d’être reliés au très haut débit via le Ftth (« Fiber to the home»), d’ici quatre ans.
En incluant les réseaux existants et d'autres travaux de montée en débit, comme l'amélioration des infrastructures en cuivre, «entre 50% et 60% des lignes auront accès au très haut débit en 2020», estime Sébastien Milcent, chargé de communication et de commercialisation chez Vendée Numérique.
13 secteurs peu à peu couverts
Dans le détail, ce déploiement doit progressivement couvrir les 13 villes principales du département, en dehors des agglomérations de La Roche-sur-Yon et des Sables d’Olonne, où Orange interviendra directement en parallèle. Deux dernières zones rentables, où l’opérateur s’est positionné de lui-même. Aucun acteur privé n’étant intéressé par le reste du territoire, la collectivité a donc dû engager ses deniers pour éviter la fracture numérique.
Challans, Montaigu, l’île d’Yeu et Fontenay en premiers
D’ores et déjà, les premières études ont débuté sur les zones de Challans, Montaigu, l’île d’Yeu et Fontenay-le-Comte, pour un début des travaux l’an prochain. En 2017 suivront les études sur Luçon , Les Herbiers, Aizenay et le Poiré sur Vie, puis sur la côte à St-Jean-de-Monts, St-Gilles, St-Hilaire-de-Riez et Talmont (en 2018), avant d’arriver sur Pouzauges, La Châtaigneraie et Chantonnay (2019).
4.000 entreprises potentiellement concernées
Outre les particuliers, un millier de sites dits prioritaires (de santé, administratifs ou économiques) vont êre rapidement raccordés. Côté entreprises près de 400 zones d’activités soit plus de 4.000 sociétés devraient aussi être éligibles d’ici 2020.
Si le coût pour le particulier devrait se situer grosso modo à celui au prix d’une box classique, les tarifs entreprises pourraient, eux aussi, s’avérer avantageux et démocratiser l'accès aux gros débits. Car pour l'instant seul un faible nombre de professionnels disposent de la fibre.
« Auparavant, le très haut débit était réservé à des grandes entreprises qui pouvaient se permettre de payer parfois 20.000 ou 30.000 euros pour un branchement puis 1.500 à 2.000 euros d'abonnement par mois », résume Alain Leboeuf. «Aujourd'hui, un raccordement tourne souvent entre 3.000 et 8.000 euros, mais peut s'envoler. J'ai vu une entreprise débourser jusqu'à 100.000 euros ! Quand vous êtes à plus de 5 kilomètres d'une centrale téléphonique et qu'il faut creuser des tranchées pour allonger le réseau, la facture du génie civil grimpe très vite...Demain la facture va baisser», rebondit Sébastien Milcent.
Quid des futurs tarifs d'abonnement? « Aujourd’hui le SDSL, via un réseau cuivre, pour un débit de 2 à 8 Mégabits coûte entre 250 et 400 euros par mois, l’idée va être d’atteindre au moins des prix comparables avec la fibre », précise Sébastien Milcent.
Des entreprises impatientes
Il était temps pour bon nombre de professionnels. « Si je vous citais tous les exemples d’entreprises qui s’impatientent, j’y passerai la nuit, préfère en plaisanter Alain Leboeuf. Prenez par exemple Monroc, ce fabricant d’essieux (NDLR : pour le machinisme agricole) basé à St-Etienne du Bois, il s’est demandé s’il n’allait pas déplacer son bureau d’étude, car il travaille sur des fichiers très lourds à transférer par internet...».
Autre exemple, celui du Château du Boisniard dans le bocage « J’ai récemment reçu un tweet de la part de cet hôtel cinq étoiles qui disait : nous avons 2Mb en Adsl, quand on se retrouve avec 150 clients connectés sur le réseau, il n'y a plus aucun débit… » , cite également Alain Leboeuf.
« Sur l’un des parcs Eco85 à La Roche-sur-Yon, certaines PME tournent elles aussi autour de 2Mb de débit, autrement trois fois rien… Fontenay connaît des difficultés, des entreprises restent assez loin des nœuds de réseau...», ajoute Sébastien Milcent.
Avec l'arrivée de la Ftth , le débit qui arrivera dans les zones d’habitation devrait être de l’ordre de 100 Mb pour les particuliers. Et les entreprises (via la "Ftte") pourront «se voir garantir 30 , 50 ou 100Mb voire peut-être même 1Gb avec une ligne dédiée, c'est-à-dire non mutualisée, un débit symétrique etc.», promettent les élus.