« De tels projets de créations de studios, on n'en dénombre pas plus d’un par décennie...», affirme Gilles Sallé, le patron d’AMP Visual TV, spécialiste de la captation d’images et sons, des caméras embarquées et de l'enrichissement de contenu vidéo.
AMP occupe 21 plateaux de télévision
L’entreprise des Sables d’Olonne, qui dispose aujourd'hui de 21 plateaux de télévision en région parisienne, annonce la construction d’un nouveau bâtiment de plus d’un hectare, dont près de 4.000m² de nouveaux studios, dans le quartier de la Plaine Saint Denis, près d’Aubervilliers (93). Il s’agira pour lui d’étendre la capacité de ses «Studios 107 » (sept plateaux existants), situés juste à côté du futur ensemble.
Les Studios 107 accueillent de nombreuses émissions, notamment Les douze coups de midi (TF1), Salut les terriens ou Le Supplément (Canal+).
L’investissement « de plusieurs dizaines de millions d’euros » va être pris en charge par Icade, société gestionnaire du Parc des Portes de Paris, où se trouvera l'immeuble. Début des travaux prévu début 2017, pour une livraison espérée début 2019.
Trois studios de plus de 1.000 m² chacun
Effectuant déjà la mise en image d'une émission de télévision sur deux (hors fictions et documentaires), AMP Visual TV (415 salariés permanents), se dotera surtout de trois studios de plus de 1.000 m² chacun (contre une superficie de 70 m² à 900 m² pour ses plateaux actuels). Une taille critique synonyme d’accès aux grandes émissions en « prime time ». Revendiquant «55% de parts de marchés» sur son secteur de la captation d’images, qui l'oppose à un autre poids lourd, Euro Media, l'entreprise reste peu présente sur ce créneau.
« Jusqu’ici, AMP couvrait ponctuellement des grandes émissions en prime time, comme le Téléthon ou les NRJ Music Awards par exemple. Mais nous étions limités, on ne capte qu’environ 5% des programmes de divertissement du soir», estime Gilles Sallé.
Tournages de « Taratata » et « Pop show» déjà signés
Côté business, l'activité d'AMP Visual TV (111 M€ de CA), bénéficiaire ces dernières années, pourrait avoir plus de mal à rester à l’équilibre sur son exercice 2015-16 (clôturé au 31 mars), suite à l’arrêt de la collaboration avec Le Grand Journal de Canal+, qui a décidé d’internaliser les prestations. L'entreprise compte toutefois maintenir son chiffre d'affaires, puis grappiller «6% de croissance à l'horizon 2019» avec le prime time et les grandes soirées de divertissement.
Il a d’ailleurs déjà commencé à y mettre un pied, en reprenant début 2016 l'exploitation des deux studios du «bâtiment 204» : deux plateaux de 1.230 m² chacun pour être précis, également situés au sein du quartier de la Plaine Saint Denis (Parc des Portes de Paris). «Quatre jours seulement après la remise des clés, les nouveaux studios ont été inaugurés par les tournages de Taratata et Pop Show pour France Télévisions, puis Money Drop pour TF1», indique la communication d'AMP Visual TV. Provisoire, la location de ces locaux s’achèvera avec la livraison des nouveaux Studios 107.
Signature des J.O de Rio et de l’Euro de foot
Outre ses 415 salariés permanents (dont environ 70 en Vendée), l’entreprise emploie environ 280 intermittents du spectacle, si l'on convertit les contrats en équivalent temps plein. En dehors des émissions réalisées en studio (42M€ de CA), AMP multiplie ces dernières années les déplacements sur les grands événements populaires, parfois lointains : cérémonie du 14 juillet, débat de la Cop 21, Dakar…
Prochains grand rendez-vous : les jeux olympiques de Rio de Janeiro au Brésil, ou encore le Championnat d’Europe de football en 2016, où cinq cars régies vont être déployés. Plus d’une centaine de techniciens feront le déplacement à chaque fois pour filmer les événements. Ces images brutes (ou "signal international") seront reprises par les chaînes du monde entier.
Le savoir-faire des Vendéens s’étendent toutefois bien au-delà de la simple captation (voir encadré ci dessous), qu’il s’agisse aussi bien d’intégration de caméras embarquées, que d’enrichissement de contenu via ses cars-régies aux allures de couteaux suisses, capables de réaliser des ralentis, d’insérer des graphismes, de diffuser en streaming ou en 3D.