L'entreprise d'ennoblissement de sportswear et de velours a connu un redémarrage sportif, entre les retards administratifs, les retards de financement et les contraintes du monde de la mode. «Nous avons dû assurer notre première collection hiver deux semaines après avoir démarré, en septembre2010. Et avec une équipe réduite de 50 personnes au lieu de 136. Mais nous avons réussi», raconte Pierre Schmitt, le repreneur et président de Velcorex since 1828, également patron de Philéa Textiles, à Soultz. Le nouveau dirigeant a constaté avec satisfaction que des clients au départ sceptiques par rapport à son projet, ont finalement apporté leur soutien. «Une grande partie de nos clients allemands ont joué le jeu, ainsi que quelques Français et Espagnols. Aujourd'hui, nous avons un million de mètres de velours et de tissus sportswear dans les tuyaux. C'est conforme à notre plan de production», assure Pierre Schmitt. Cette année, l'entreprise devrait réaliser un chiffre d'affaires d'environ douze millions d'euros.
«Aucune fatalité»
Le prochain challenge du dirigeant est d'amener la société au seuil de rentabilité d'ici à 2012, avec une production de quatre millions de mètres de tissus (dont trois millions de mètres en velours) et un effectif compris entre 75 et 80 personnes. À terme, il envisage de retrouver un effectif d'une centaine de salariés. «L'axe est tracé, la motivation est là, l'entreprise peut retrouver sa place. Il n'y a aucune fatalité dans le textile. Nous disposons de moyens énormes pour innover et rendre ce produit plus attrayant pour nos clients», s'enthousiasme le président.
Volume et innovation: une équation difficile
Sa stratégie: renforcer la structure commerciale de l'entreprise et moderniser et féminiser les collections. Velcorex since 1828 travaille désormais sur mélanges innovants de matières. La société a embauché un responsable commercial et souhaite recruter deux responsables supplémentaires d'ici à la fin de l'année pour compléter son équipe commerciale aux États-Unis et en Asie, notamment au Japon. «Si nous rendons la collection plus créative, nous parviendrons à monter en puissance sur ces marchés», prévient Pierre Schmitt. Son entreprise réalise déjà entre 60 et 75% de son chiffre d'affaires à l'export. «Cela nous permet d'équilibrer les risques et de sécuriser notre chiffre d'affaires», poursuit-il. La stratégie de l'usine haut-rhinoise repose sur un équilibre délicat. Elle doit continuer à fabriquer des produits basiques pour remplir ses machines avec du volume, mais dans le même temps, le chef d'entreprise souhaite développer des innovations pour sortir des produits trop concurrencés et de la guerre des prix. «C'est une équation difficile», avoue-t-il.
La tendance au rééquilibrage des approvisionnements
Mais le dirigeant reste définitivement optimiste, d'autant que l'industrie textile connaît un phénomène de relocalisation. Entre les problèmes de qualité en Chine, les retards d'approvisionnement et l'explosion des matières premières, les industriels se posent des questions. L'enjeu consiste à sécuriser leurs filières d'approvisionnement. «Beaucoup de nos clients envisagent de relocaliser un jour leur confection dans les pays de l'Est ou du Maghreb avec un approvisionnement des tissus en Europe. La tendance a démarré, mais personne ne peut prévoir l'ampleur et la vitesse de cette relocalisation. Dans un premier temps, nous allons assister à un rééquilibrage entre les approvisionnements chinois et européens. C'est une chance supplémentaire pour une entreprise comme Velcorex», annonce Pierre Schmitt. Et le dirigeant d'ajouter que, dans ce contexte, ne pas donner une nouvelle chance à la société aurait été une erreur. «Ne rien faire aurait été un gâchis irréversible car lorsqu'une entreprise textile ferme, c'est pour toujours. Quand une entreprise est en danger, il faut essayer de la sauver», rappelle-t-il.
Velcorex since 1828
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Saint-Amarin) Président: Pierre Schmitt 52 salariés Chiffre d'affaires: 12millions d'euros 03 89 38 20 00