Selon Vates, la majorité du capital reste aux mains de ses cofondateurs, Olivier Lambert, Nithida Vialle et Julien Fontanet. L’entreprise précise que ses deux logiciels open source, l’hyperviseur XCP-ng et la console d’administration Xen Orchestra, conservent leurs licences actuelles.
Trois priorités pour les 30 M€
Vates indique consacrer l’essentiel des fonds à la prochaine génération de sa plateforme. Les investissements porteront sur la gestion d’infrastructures de grande taille, l’automatisation, la sécurité, le stockage et les performances, ainsi que sur les besoins liés à l’intelligence artificielle.
À l’international, l’entreprise veut renforcer sa présence auprès des prestataires de services, des grandes entreprises et des acteurs publics. Elle prévoit notamment d’étoffer ses équipes commerciales et marketing en Amérique du Nord et sur ses principaux marchés européens.
Vates veut également développer son réseau de partenaires technologiques, d’intégrateurs et de distributeurs pour accompagner des projets de migration de plus grande ampleur. Ces trois axes doivent s’accompagner de recrutements, dont le nombre n’est pas précisé.
Vates réalise 90 % de son chiffre d’affaires à l’export
Créée à Grenoble en 2012, Vates revendique plus de 1 000 clients dans une centaine de pays. Selon l’entreprise, l’export représente 90 % de son chiffre d’affaires et l’Amérique du Nord concentre près de la moitié de son activité. Elle fait état d’une croissance de plus de 65 % en 2025, sans préciser l’indicateur concerné ni confirmer qu’il s’agit du chiffre d’affaires.
Vates se présente comme rentable et autofinancée depuis 2016, sans détailler l’indicateur de rentabilité retenu. Les comptes déposés au greffe de Grenoble indiquent un chiffre d’affaires de 2,8 M€ en 2023. Un communiqué de partenariat avec Eviden, publié en septembre 2025, mentionnait un chiffre d’affaires de 4 M€ pour 2024.
Vates mise sur les évolutions du marché de la virtualisation
Pour Vates, le marché évoluait déjà, mais le rachat de VMware par Broadcom a accéléré ce mouvement. L’entreprise estime que les organisations revoient leurs choix technologiques face à la complexité croissante des architectures, à la hausse des coûts d’infrastructure et à l’évolution des licences.
Publié le 14 septembre 2026, le Magic Quadrant de Gartner consacré aux plateformes de virtualisation de serveurs recense 17 éditeurs, dont Vates, qui y fait sa première apparition. L’entreprise se présente comme le seul éditeur français de l’étude. Elle indique figurer parmi les acteurs de niche (« niche players »), une catégorie également mentionnée par Silicon.fr et Virtualization Review.
Pour Olivier Lambert, CEO et cofondateur de Vates, la levée ne modifie pas la stratégie de l’entreprise : « Nous ne levons pas des fonds pour changer de stratégie, mais pour accélérer celle que nous poursuivons depuis le début. » Il affirme également vouloir préserver son indépendance.
Les investisseurs mettent eux aussi en avant le positionnement de l’éditeur. Bpifrance intervient via Large Venture, un fonds doté de 2,5 Md€ selon l’institution. Cindy Ung, directrice d’investissement au sein de ce pôle, affirme que Bpifrance entend soutenir « l’émergence d’un champion technologique français et européen, capable de renforcer la souveraineté numérique du continent ».
Chez IRIS, Nicolas Herschtel, Partner, souligne que la plateforme est utilisée par des organisations de toutes tailles, y compris de grands groupes aux environnements critiques.