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Envie Rhône-Alpes déploie une offre de reconditionnement pour fabricants
Auvergne Rhône-Alpes # Gestion des déchets et recyclage # Stratégie

Envie Rhône-Alpes déploie une offre de reconditionnement pour fabricants

Envie Rhône-Alpes, qui déclare 21 M€ de chiffre d'affaires en 2025 et 400 salariés, déploie ERA Industries, une activité de réemploi destinée aux fabricants. Le groupe annonce deux nouveaux projets avec France Air et le Groupe Atlantic, après un premier partenariat avec ABB.

— Photo : © Envie Rhône-Alpes

Envie Rhône-Alpes a présenté le 29 septembre 2026 ERA Industries, son activité d'accompagnement des fabricants et distributeurs d'équipements électriques et électroniques. Le groupe, implanté dans le Rhône, la Loire et l'Isère, conçoit et teste des filières de reconditionnement, de l'étude de faisabilité à l'industrialisation, puis les exploite dans ses ateliers.

Un premier cas avec ABB, deux projets à suivre

Le modèle repose sur un partenariat avec ABB Electrification, annoncé en mai 2025 avec le soutien de l'éco-organisme ecosystem. ABB collecte ses bornes de recharge Terra AC Wallbox en retour de stock, en fin de première vie ou pour défaut. Envie Rhône-Alpes les diagnostique, les remet en état et les teste. ABB les remet ensuite sur le marché, avec une garantie d'un an.

Les partenaires présentent cette filière comme la première du genre en France. Ils visent 350 bornes reconditionnées par an et jusqu'à quatre personnes en parcours d'insertion. Selon les estimations d'ABB, la démarche réduit d'environ 75 % les émissions de CO₂ et économise environ 85 % des ressources minérales par rapport à une borne neuve.

Deux autres projets sont annoncés par Envie Rhône-Alpes, qui se dit lauréat d'un appel à projets de l'éco-organisme ecosystem. Avec France Air, il s'agit de créer un premier atelier de reconditionnement de ventilateurs professionnels. Avec le Groupe Atlantic, de remettre en état des moteurs de ventilateurs issus du service après-vente, pour les revendre comme pièces détachées. Le groupe se dit aussi désireux de travailler avec Ecologic, autre éco-organisme, qui a lancé un appel à projets.

Une méthode en trois phases et trois familles d'équipements ciblées

Le groupe décrit une méthode en trois temps. La phase d'opportunité dure un à trois mois. Elle sert à évaluer la réparabilité réelle des produits et leur potentiel économique. Le pilote s'étend sur six à douze mois, avec des essais sur un flux réel et des outils de traçabilité. L'exploitation, de neuf à dix-huit mois, fait de l'atelier un outil de production.

Le dispositif vise trois familles d'équipements : le chauffage et la climatisation, les équipements industriels, ainsi que l'électrification et l'automatisation. Les prestations vont du reconditionnement au démantèlement pour pièces, en passant par la gestion des retours du service après-vente.

Un recentrage après le redressement

Cette offre intervient après une période de redressement judiciaire. L'association Envie Rhône-Alpes a engagé la procédure en 2025, à la suite d'investissements importants à Saint-Étienne et à Grenoble, selon sa communication. Elle explique par ailleurs que le marché du réemploi a changé. La grande distribution et de nouveaux opérateurs se sont positionnés sur les flux les plus rentables, ce qui l'a conduite à recentrer son modèle. Le tribunal des affaires économiques de Lyon a validé son plan de continuation le 22 juillet 2026, après quinze mois de période d'observation.

Le 9 septembre, ERA SAS, qui porte les activités de collecte et de recyclage du groupe, est devenue une société coopérative d'intérêt collectif, lors d'une annonce à Villeurbanne. Les groupes Demain (Lons-le-Saunier) et Tri-Vallées (Gilly-sur-Isère) y entrent comme associés. Ils disposent de 40 % des droits de vote en assemblée générale, d'après Envie Rhône-Alpes.

Côté activité, le réemploi destiné au grand public reste central dans le projet d'Envie, mais il pèse environ 15 % du chiffre d'affaires du groupe, selon l'entreprise. L'essentiel de l'activité relève de la collecte, de la logistique de proximité et du traitement des déchets électriques et électroniques.

Guido Locatelli, directeur général de la SCIC ERA, replace ERA Industries dans la trajectoire du groupe. Il récuse l'idée d'un « projet-vitrine post-crise ». Il situe en 2025 le moment où la prestation de services est devenue un axe de survie du réemploi.

Grégory Bouchet, président de la SCIC ERA, détaille la proposition faite aux industriels : « on ne leur vend pas une clause d'insertion, on leur livre un process industriel de réemploi à fort impact social ». Selon lui, ce process allie traçabilité et contrôle qualité.

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