Déplacement du chef de l'État à Sandouville pour rassurer en 2008, affirmation d'une volonté d'investir dans le département avec l'attribution du moteur électrique à l'usine de Cléon... Mais aussi, espoirs déçus avec le plan de départs volontaires de Carlos Ghosn ou encore, perte de la fabrication des modèles haut de gamme à Sandouville... Les relations entre la marque au losange et ses salariés de Seine-Maritime sont parsemées de «Je t'aime, moi non plus». Ajoutez à cela une pincée de crise nationale sur fond d'intelligence économique et les ingrédients sont réunis pour créer un climat d'incertitude au sein de l'une des plus vénérables entreprises française. Mais, les crises ont cela de positif qu'elles permettent aussi de remettre de l'ordre et d'ouvrir des perspectives. En venant à Sandouville le 7octobre dernier, Carlos Tavares, nouveau directeur général opérationnel de Renault, successeur de Patrick Pelata, victime immédiate du scandale d'espionnage industriel du début 2011, ne fait pas autre chose que de remettre l'entreprise sur la route de l'espoir en confirmant un investissement de 230M€. Carlos Tavares se veut aussi fédérateur puisque, ses premiers mots vont aux équipes qu'il félicite pour le travail de transformation effectué à Sandouville en vue de l'industrialisation du futur Renault Trafic. Une manière de remettre l'humain au coeur du projet industriel de cette grande entreprise qui a souvent su prendre le virage de l'innovation. Souhaitons que l'arrivée de ce nouveau directeur général soit le gage d'un nouveau coup d'accélérateur pour le constructeur français.
Sébastien Colle @email
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