Le réseau de fibre optique de Gonfreville L'Orcher est aujourd'hui le vecteur de transmission d'informations principal de l'AlertBox, système d'alerte en cas de crise industrielle. Un système innovant et unique pour une ville qui recense seize sites industriels dangereux, explique Christian Chicot, de la mairie de Gonfreville, venu le présenter en juillet dernier lors d'une table ronde de Valmaris à l'INSA du Madrillet: «Ce système à fibre optique nous permet de gagner beaucoup de temps en cas de crise. Nous pouvons à présent prévenir la population en 20 secondes au lieu de 20 minutes avec l'ancien système». Objectif premier de l'AlertBox, que l'alerte arrive directement dans les 3.500 foyers de la commune. «Avec l'AlertBox, chacun peut choisir le moyen de diffusion le mieux adapté à ses besoins: vocal, signal visuel, téléviseur, ordinateur... Équipée d'un écran vidéo, elle permet également de passer des films sur la mise en place du confinement. Elle dispose aussi d'un système son et d'une radio».
Toucher directement le public
Afin que tous les habitants de la commune se sentent concernés par le système d'alerte, la mairie leur demande de venir chercher eux-mêmes le boîtier d'alerte: «L'écran tactile dont est pourvue l'AlertBox permet aux membres d'une habitation de renseigner le nombre précis de personnes présentes au moment d'une alerte. Une information capitale pour nous dans le cadre d'une évacuation». Pour mettre au point l'AlertBox, la mairie de Gonfreville s'est associée avec la société Sinovia et OSEO pour un coût total du projet de 450.000€. «Nous attendons un retour sur investissement pour chaque boîtier vendu et espérons le développement du système sur d'autres communes».
La stratégie du Cell BroadCast
Également présente à la table ronde de Valmaris (Dont le président Marc Moret a été élu en juillet dernier en remplacement de Jean-Michel Thouvignon), la société Cedralis, spécialisée dans la gestion de crise et la diffusion d'alertes, cherche à promouvoir des techniques permettant de toucher rapidement un grand nombre de personnes en cas d'alerte. Parmi celles-ci, le CellBroadcast, permet de toucher l'ensemble d'une population sur une zone géolocalisée. Une technologie qui existe depuis 1990, explique Delphine Arias, responsable marketing chez Cedralis: «Cette technologie est née en même temps que le SMS, elle lui ressemble d'ailleurs. 80% des téléphones actuels peuvent utiliser cette technologie qui se sert des ondes radio. Le CellBroadcast permet de communiquer aux gens concernés les besoins du moment et même les visiteurs d'une zone définie peuvent recevoir l'alerte». Le CellBroadcast, peut-être la solution d'alerte de demain, car il n'y a pas d'investissements majeurs à réaliser pour adapter l'infrastructure, elle fonctionne avec l'UMTS et devrait bientôt s'adapter à la 3G. De plus, cette technologie ne coûte a priori rien à l'utilisateur, puisqu'elle se sert des ondes radio et représente une communication sûre et protégée car envoyée via les autorités. «Toute la problématique est d'obtenir un taux de pénétration suffisamment élevé pour atteindre un maximum de gens en un minimum de temps et de capitaliser sur l'infrastructure existante». Une technologie qui a déjà conquis plusieurs pays comme la Hollande: «Un pays qui ne croit pas aux sirènes!». La Corée du Sud, la Turquie, le Wiconsin ou encore l'Inde ont également fait le choix de solutions opérationnelles de CellBroadcast. Pour convaincre la France, Cedralis a décidé de lancer une campagne d'information fin 2009.
S.C
www.valmaris-technopole.com
L'association spécialisée dans la maîtrise des risques, compte parmi ses divers champs de réflexion celui des technologies d'alertes. Parmi les outils disponibles, l'AlertBox, utilisée par la mairie de Gonfreville L'Orcher.