Vous présidez le groupe femmes de la Fédération du BTP du Var depuis 2019. Pour quelles raisons avez-vous rejoint ce groupe ?
L’entreprise familiale, JRM Domotique, implantée au Castellet dans le Var, et spécialiste de l’électricité courant faible, a toujours été adhérente de la Fédération du BTP 83. En 2017, j’ai quitté le groupe Eiffage pour rejoindre JRM Domotique en qualité de cogérante. Je quittais alors un grand groupe pour une entreprise qui emploie 5 personnes. Je ne voulais pas rester isolée dans mon coin et j’ai donc rejoint le groupe femmes dès 2017. J’en ai pris la présidence en 2019 et j’ai été renouvelée dans mon poste en 2022.
Que représente le groupe femmes aujourd’hui ?
Le groupe femmes de la Fédération du BTP du Var regroupe 30 à 40 femmes à chaque réunion. Ce club est dédié aux adhérentes ou partenaires de la fédération. La Fédération varoise du BTP compte 700 adhérents et on évalue qu’au niveau national, près de la moitié des entreprises sont dirigées ou codirigées par une femme. Derrière chaque homme, il y a une femme et l’inverse est vrai aussi. D’ailleurs, j’ai ouvert ce groupe aux conjointes collaboratrices, aux collaboratrices qui sont au pilotage de l’entreprise et aux cogérantes, car toutes ces femmes ont leur place. Puis, j’ai aussi voulu avoir un panel représentatif des entreprises, avoir des femmes qui assurent la direction administrative et financière de grands groupes, comme des femmes artisanes ou des dirigeantes de PME.
Quel est le fil rouge de votre mandat, que vous avez d’ailleurs rappelé à l’occasion des 25 ans du groupe femmes, anniversaire fêté le 12 juin 2023 ?
Le groupe femmes a vu le jour pour rompre l’isolement des femmes d’artisans. Il permet aujourd’hui au plus grand nombre de participer à la vie syndicale de la fédération et d’accéder aux services et informations qu’elle fournit. C’est ainsi que le groupe est aussi là pour inciter les femmes à prendre des mandats au sein du monde économique. Aujourd’hui, dans le Var, nous pouvons être fières parce que 29 % des mandats détenus par la Fédération varoise le sont par une femme. Au niveau national, cette part est de 10 %.
Jusqu’à la fin de mon mandat de trois ans, je souhaite que les femmes s’engagent encore davantage et surtout qu’elles osent prendre des mandats, qu’elles prennent leur place dans le monde économique et qu’elles montrent aussi que le bâtiment est un secteur capable d’accueillir des femmes. Je suis élue à la chambre régionale de métiers et de l’artisanat, je suis au conseil d’administration de la fédération du BTP du Var, je suis au Conseil économique de développement de la métropole Toulon Provence Méditerranée et je suis déléguée régionale pour le conseil national de l’artisanat de la Fédération française du bâtiment. Les mandats, c’est mon dada et je veux que d’autres femmes s’en emparent pour défendre leur positionnement.