Usines : La voie de la responsabilité sociale et environnementale
# Immobilier # Conjoncture

Usines : La voie de la responsabilité sociale et environnementale

Démarche HQE, ergonomie, sécurité, robotisation... L'exemple des réalisations récentes et des projets encore à l'état d'études semblent indiquer que l'usine de demain sera plus "citoyenne". Meilleure prise en compte de l'environnement et de la dimension humaine. En tout cas dans les pays où la norme permet de mesurer les progrès au risque de museler la créativité.

On comptabilisait l'an dernier en France 140 constructions d'usine. Un chiffre intéressant dans une conjoncture tendue, et quand certains candidats à la présidentielle dénonçaient la désindustrialisation du pays. Apparemment, quand certains grands groupes internationaux privilégient la stricte logique financière, les PME/PMI qui constituent le coeur de l'activité économique continuent à investir, même dans un contexte qui ne porte pas à l'euphorie. Côté bâtiments, la tendance est résolument à l'optimisation des m² et à des gains substantiels en termes des consommations d'énergie primaire mais aussi d'eau, etc. Un concept d'usine agroalimentaire du futur présenté récemment en Bretagne (lire par ailleurs) fait la part balle aux éoliennes. Le traitement des rejets et effluents, la limitation et la valorisation des déchets sont devenus incontournables. Les process sont aussi l'objet de toutes les attentions. Un travail important est réalisé sur l'ergonomie des postes de travail face au fléau des troubles musculo-squelettiques tandis que parallèlement, les industriels et leurs grands fournisseurs développent un outillage moins énergivore avec une tendance, chaque fois que possible, de machines-outils "intelligentes", pouvant éventuellement se passer de tout opérateur ou pouvant, par exemple, s'auto-diagnostiquer pour anticiper les opérations de maintenance.




Opérations de com'

Les arguments sociaux et environnementaux souvent mis en avant dans les opérations de com' masquent parfois une finalité beaucoup moins altruiste: la réduction des coûts de production pour améliorer la compétitivité à défaut d'augmenter les marges. Ces évolutions trouvent leur traduction dans un nombre infini de labels et normes... au risque de tuer la créativité des concepteurs. «Le danger, c'est de succomber à des effets de mode, prévient l'architecte Yann Biscout. Les architectes sont en général très prudents par rapport à la norme, explique-t-il. Il faut certes construire dans les règles de l'art, mais nous devrions aussi pouvoir expérimenter, procéder à de nouvelles expériences, qu'il s'agisse de construction de façades ou de mise en oeuvre de nouveaux procédés. Mais nous sommes contraints par la norme.»




Vraiment nécessaire la norme?

La norme, si elle permet une transparence relative, «est souvent obsolète dès sa sortie et dégage un aspect lucratif qui peut être contestable. On retombe dans les travers qui sont ceux du marché.» Ainsi les architectes, selon lui, ne peuvent-ils pousser aussi loin qu'ils le souhaiteraient, leurs réflexions sur la biomasse «où nous disposons pourtant de retours d'expérience depuis des décennies» ou sur des concepts d'usine passive qui ne sont pas des mythes. En arrivant toutefois à convaincre parfois un donneur d'ordre qu'une réflexion menée hors des labels peut être plus profitable. Il cite ainsi l'exemple d'une réalisation qui avait été conçue initialement dans une démarche HQE pour des raisons de communication. «Le HQE n'est qu'un label. Nous avons réussi à démontrer que nous pouvions parvenir à des solutions tout à fait en phase avec le développement durable en sortant du HQE.»

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