Unéal : La coopérative régionale aux mains de plus en plus vertes

Unéal :
La coopérative régionale aux mains de plus en plus vertes

Le groupe coopératif agricole tient son assemblée le 8décembre. En bénéficiant de la hausse des cours des céréales, il doit annoncer une hausse de son chiffre d'affaires d'environ 20%. Peu investi dans l'aval, Unéal fait reposer la majeure partie de son essor sur ses jardineries.

«Unéal est aujourd'hui un partenaire fiable disposant d'une surface financière lui permettant d'arbitrer ses positions sur les marchés, ce qui ne fait que renforcer sa raison d'être», soulignait l'ancien président Louis Ringô en décembre2010. Président de ce nouveau groupe coopératif régional de 2002 à 2007, il fut l'artisan de la fusion des coopératives de base dans Unéal. «Unéal n'est pas une société de capitaux, mais un ensemble d'agriculteurs regroupant leurs activités pour en améliorer le résultat», ajoutait-il de surcroît. Si la globalisation de l'économie a profondément influé sur les marchés, les coopératives ont su s'adapter. Elles ne visent qu'un objectif: être des outils performants d'organisation et de structuration des régions, des marchés et des filières. Ce ne sont pas uniquement des sociétés de capitaux, même si le poids de leurs capitaux propres est essentiel. «En 7 ans, les capitaux propres consolidés d'Unéal ont augmenté de 86M€ pour atteindre aujourd'hui 155M€», faisait d'ailleurs remarquer Louis Ringô, principal élément moteur de cette fusion.




Développer l'esprit Unéal

Cette toute jeune entreprise n'en a pas moins un très long passé dont les racines remontent aux années 1930-1940. C'est dire si, lors de cette fusion à marche forcée, les tensions furent réelles et le chemin de l'unité semé d'embûches. Unéal a même failli en perdre ses principaux repères... Ce qui profita tout naturellement à la concurrence. «Unéal a passé beaucoup de temps depuis dix ans pour réorganiser son terrain... quitte à laisser passer des opportunités d'investissement dans l'aval», estime un observateur. Pour retrouver «sa place sur la scène régionale», le groupe a réfléchi à sa stratégie et travaillé en 2008 à son projet d'entreprise «pour donner un sens à l'action et surtout resserrer les liens entre tous les acteurs en développant l'esprit Unéal». «La coopérative doit désormais s'appuyer sur la transparence et sur le sentiment d'appartenance de ses adhérents», expliquait tout récemment Bertrand Hernu, nouveau président d'Unéal qui veut repartir désormais à la reconquête des adhérents perdus. Le groupe Unéal (la coopérative et sa vingtaine de filiales), qui a collecté 1,9million de tonnes de céréales en 2009-2010 dans ses 200centres de réception, compte plus de 1.700salariés (ETP) et a réalisé un chiffre d'affaires consolidé de 723M€. Il a dégagé un résultat net consolidé de 39,2M€. Un résultat exceptionnel puisqu'il intègre une plus-value de 26,2M€ liée au nouvel actionnariat du groupe dans Tereos Agro Industrie.




La main verte avec Gamm Vert, Magasin Vert, Point Vert

Autour de la collecte de céréales, son métier de base, Unéal a développé quelques activités spécifiques parmi lesquelles une filiale «machinisme» très puissante. L'an passé, Unéal a également investi environ 12M€ dans de nouveaux silos, des séchages pour ses céréales, dans la modernisation de l'usine d'aliments du bétail d'Aire-sur-la-Lys... ainsi que dans ses jardineries! Car Unéal a de plus en plus la main verte et bénéficie de la rentabilité de ses enseignes Gamm Vert, Magasin Vert et Point Vert regroupées dans la SA Verdis depuis février2011. Une croissance atypique de cette filiale qui, avec plus de 90magasins implantés «de Dunkerque aux pistes de Roissy», emploie plus de 1.000 personnes au nord de Paris et réalise un chiffre d'affaires de 124M€ pour un résultat net de 3,2M€.




Captation de la valeur ajoutée

Le groupe n'a pourtant pas conquis toute la valeur ajoutée disponible sur un territoire propice au développement des agro-industries. Unéal a choisi d'enclencher des partenariats avec les grands de la transformation céréalière, qu'ils soient privés (Roquette, Cargill...) ou coopératifs, à l'image des accords conclus avec Tereos ou le groupe marnais Siclae (Malteurop, NutriXo, Chamtor). Le groupe a même essuyé quelques revers dans les filières animales. Il n'a pas choisi de reprendre l'abattoir de volailles de Lens placé en redressement judiciaire en novembre2006. C'est ainsi que les volailles élevées par les producteurs d'Unéal quittent dans leur grande majorité la région, exceptées celles dirigées vers Lionor. Mais l'essentiel des animaux part en Belgique dans les abattoirs Volystar et Lammens ou même parfois très loin en Allemagne dans la société Heidemark implantée à Garrel en Basse Saxe. De même, Unéal n'a pu dynamiser la filière porcs de cette région malgré une tentative tout près d'aboutir et qui a profité à son homologue picard (la Cobevial), écartant du même coup le centre de gravité des productions animales vers la Picardie.




Au 17e rang français Dix-septième groupe coopératif français dans le classement 2011 de la coopération agricole française*, Unéal bénéficie depuis plusieurs campagnes de la fermeté des marchés céréaliers. L'essentiel de la réorganisation terrain est achevé, les partenariats noués avec les groupes coopératifs voisins: l'outil est en ordre de marche et les objectifs 2013 figurant dans le projet d'entreprise en passe d'être atteints. Tout est désormais prêt pour qu'Unéal s'implique davantage dans la seconde transformation et vers plus de captation de valeur ajoutée.
(*) Source Coop de France dans La coopération Agricole 2011.

Unéal
(Saint-Laurent-Blangy) P-dg: Bertrand Hernu 1.701salariés CA: 722,9M€ Résultat: 39,2M€ 03 21237474 www.uneal.fr