Alpes-Maritimes
Une saison en terrain miné pour Marineland
Alpes-Maritimes # Tourisme # Politique économique

Une saison en terrain miné pour Marineland

Le nouveau directeur général du plus grand parc marin d'Europe, Pascal Picot, veut « redonner à Marineland la place qui est la sienne » dans un contexte compliqué où, alors que le site se relève d'une année difficile, un décret anti-reproduction vient menacer son activité à long terme.

Pascal Picot a « choisi » le job. Et le revendique haut et fort, en amoureux qu'il est du plus grand parc marin d'Europe qu'il fréquente depuis son plus jeune âge. En poste depuis le 29 mai, le nouveau directeur général de Marineland, passé auparavant par Pierre & Vacances et Center Parcs, sait pourtant les défis qui l'attendent. Nombreux. Sensibles. Politiques. Car si la vie d'une entreprise n'a rien d'un long fleuve tranquille, celle de Marineland ressemble ces derniers temps à un océan en pleine tempête.

Vents contraires

Au capitaine Picot, donc, de tenir la barre de ce paquebot touristique hébergeant 3.000 animaux de 40 espèces différentes, en dépit d'un Plan de prévention des risques d'inondation (PPRI), dont la modification - en cours - pourrait bien redessiner les contours du site antibois durement impacté par les inondations d'octobre 2015. En dépit, aussi, d'une année 2016 « quasi blanche » où il a fallu remettre en état les installations, six mois durant, pour effacer les stigmates de cette vague haute de deux mètres qui a submergé en quelques minutes 90% des 25 hectares du parc. En dépit, enfin, du décret du 6 mai 2017 signé par l'ex-ministre de l'Environnement Ségolène Royal, interdisant, entre autres points techniques, « la reproduction des orques et des dauphins actuellement détenus en France », dixit le texte.

Riposte

De quoi ravir les associations de défense des animaux, très actives sur le sujet, beaucoup moins le parc né en 1970 dont les cétacés constituent la principale offre d'appel et qui travaillait depuis deux ans avec les équipes du ministère sur un arrêté encadrant leur accueil. « Tout ce travail n'a pas été pris en compte dans le décret publié », déplore le dirigeant. Qui organise la riposte contre cette nouvelle menace pour l'avenir du parc, dont la forme, à l'heure où nous bouclons, reste encore à définir. En attendant, c'est au niveau local que cela se passe, avec une pétition, qui sera remise au gouvernement Philippe à la fin de l'été, invitant les visiteurs à soutenir le combat du Marineland nouvelle génération. Dont les investissements se concentrent désormais sur le caractère pédagogique des activités et la digitalisation des services.

Interactif et digital

« Le Marineland de demain sera plus interactif et plus digital », confirme Pascal Picot. Site internet amélioré, système de billetterie on line renouvelé, appli mobile lancée d'abord sous la forme d'un guide géolocalisé avant de servir progressivement de support pédagogique où seront aussi mises en avant les actions soutenues par la Fondation Marineland. À l'instar de l'ouverture programmée d'un centre de soin marin au Cap d'Antibes. « Il s'agit de communiquer avec les moyens modernes pour rendre les visiteurs autonomes et les informer de ce que l'on fait et fait bien », insiste-t-il.

Près d'un million de visiteurs attendus

Les visiteurs, justement, combien seront-ils cette année à franchir les portes du site, propriété du groupe espagnol Parques Reunidos et plus gros employeur de saisonniers (600 en direct, 800 en indirect) des Alpes-Maritimes ? « On s'est fixé l'objectif de flirter à nouveau avec le million de visiteurs pour un trend compris entre 27 et 30 millions d'euros de chiffre d'affaires », indique Pascal Picot. Lequel confirme « un début de saison conforme aux prévisions », celles-ci étant basées sur les chiffres d'activité d'avant les inondations. Soit, si l'on prend ceux de 2014, 1,2 million de visiteurs pour un chiffre d'affaires de 37 millions d'euros. « L'année 2017 aura valeur de test », reprend le dirigeant, certes conscient que l'on « ne se remet pas d'une secousse comme celle d'octobre 2015 en une saison » mais « relativement confiant pour cette année et les suivantes.

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