Une interprofession unique pour les vins du Sud-Ouest

Une interprofession unique pour les vins du Sud-Ouest





Réunir appellations d'origine et vins de pays sous une même bannière et parler d'une même voix, au nom du négoce comme de la production. Si beaucoup s'accordent sur le principe, la réalité est souvent plus complexe au sein de la filière vitivinicole. Dans le Sud-Ouest, deux ans de travail auront été nécessaires pour donner naissance, le 30septembre, à une interprofession unique, la 1re en France à se constituer. Explications avec son directeur, Paul Fabre.


Qui est à l'origine de cette nouvelle interprofession?

Je me souviens d'un rapport du ministère de l'Agriculture datant de 2007 qui préconisait la constitution d'une interprofession dans chaque bassin vitivinicole, pour une question d'économies d'échelle notamment. Quelque temps avant, la Région Midi-Pyrénées avait initié un regroupement qui s'était traduit par la création d'une association de préfiguration à l'interprofession unique. Le 30septembre dernier, le ministère de l'Agriculture a donné un avis favorable en conseil supérieur d'orientation, actant de fait la reconnaissance de l'interprofession unique des vins du Sud-Ouest. Elle est la première en France à regrouper les appellations d'origine et les vins de pays et à intégrer les représentants des fédérations de métiers en plus de ceux des fédérations de produits, de sorte que tout le monde est désormais autour de la même table pour construire l'avenir de notre filière en toute transparence.


Quelles sont vos missions?

Elles ont été renforcées par le règlement européen nº479/2008 du 29avril 2008 portant organisation commune du marché vitivinicole. Pour ce qui concerne les règles de commercialisation par exemple, les interprofessions peuvent se voir confier une mission de régulation de l'offre «afin d'améliorer et de stabiliser le fonctionnement du marché commun des vins, y compris les raisins, moûts et vins dont ils résultent.» Nous sommes aussi chargés de promouvoir des méthodes de production respectueuses de l'environnement, en limitant l'usage des produits phytosanitaires et de garantir la qualité et la sécurité alimentaire des produits. Enfin, les autres grandes lignes de nos missions ont trait à la communication, la promotion et l'analyse économique, qui va se traduire par la mise en place de notre propre observatoire économique des marchés, aussi bien nationaux qu'à l'export, nous permettant d'avoir un suivi en temps réel de nos sorties et de nos stocks.


L'association interprofessionnelle des vins et eaux-de-vie du Sud-Ouest (Aivso) avait initié, en 2007, un rapprochement avec le Québec. Ce type d'action se poursuit-il? Plus que jamais. Nous nous inscrivons dans la continuité de toute action visant à promouvoir nos produits à l'étranger et ce grâce au soutien financier du Conseil régional. La campagne promotionnelle portant sur le Québec a d'ailleurs été un vrai succès puisque la Société des alcools du Québec (SAQ) - l'organisme d'État qui a le monopole du référencement des vins étrangers- vient d'annoncer la création d'un nouveau linéaire France dans ses magasins. Cela n'était pas arrivé depuis plus de dix ans et ce sont nos vins du Sud-Ouest qu'elle a choisis. Nous prévoyons un voyage au Québec au printemps prochain pour le lancement de ce linéaire, à l'occasion duquel nous irons rencontrer l'équivalent de la SAQ en Ontario, le LCBO (Liquor Control Board of Ontario), qui commence à manifester un intérêt pour nos produits. En 2009, nous nous appuierons sur ces expériences, ainsi que celles de nos actions au Royaume-Uni et en Allemagne, pour mener des actions vers d'autres pays cibles: les États-Unis avec New-York au 2e semestre, la Chine fin 2009 théoriquement, et, plus proche de nous, la Suisse et la Norvège dans le courant de l'année.
Et la France dans tout cela?

Nous ne l'oublions pas! Nos actions se traduisent notamment par une présence sur des salons tels que Vinexpo à Bordeaux ou Vinisud à Montpellier, mais aussi la Semaine internationale de la sécurité et qualité alimentaires (du 11 au 14décembre au Parc des expositions de Toulouse, ndlr). Nous serons aussi partenaires de l'édition 2009 du Grand Fooding d'été à Toulouse, l'idée étant de faire prendre conscience aux habitants du Sud-Ouest qu'ils vivent au milieu d'un riche vignoble.
Justement, comment promouvoir vos produits dans le pays de la loi Evin?
C'est assez complexe en effet car, même si la consommation du vin est en baisse régulière depuis des années, les problèmes d'alcool, eux, ne diminuent pas. Toute la filière s'accorde pour promouvoir une consommation modérée et qualitative. Je crois qu'il faut garder à l'esprit que le vin fait partie de la culture française: il est devenu une boisson de dégustation, corollaire d'une gastronomie qui fait la réputation de la France. On ne boit pas du vin pour accompagner un Mc Do ou un sandwich...

Interprofession des vins du Sud-Ouest Centre Inra à Castanet-Tolosan Tél.: 05.61.73.87.06