Une force à deux visages: financier et transfrontalier

Une force à deux visages: financier et transfrontalier

Le mois dernier, c'était aussi la semaine de la finance solidaire. Un pôle régional s'est organisé pour répondre aux besoins de financement, grâce notamment à 4.777sociétaires-épargnants, personnes physiques et morales. Depuis 2007, 12millions d'euros ont été injectés dans l'économie locale, sous formes diverses: en capital, compte courant, prêt bancaire (six millions) ou prêt participatif. En cinq ans, 274entreprises ont bénéficié d'un financement de ce pôle dont 52en cofinancement, ce qui représente 1.800 emplois en jeu; 58% sont des SA ou SARL et 12% des sociétés coopératives. Elles relèvent du secteur des services pour 43% d'entre elles et du commerce pour 29%. L'industrie et le BTP sont à parts égales à 11%, suivis de l'agriculture pour 5%. Les acteurs de la filière attendent beaucoup de la future BPI (Banque publique d'investissement) qui devrait dédier 500millions d'euros à l'ESS. «C'est important que l'on appelle à renforcer les structures existantes et compléter nos moyens d'action», estime Yaël Zlotowski, DG de la Caisse solidaire. «Leur aide avec un capital renforcé de 38.700euros va nous permettre de passer de SARL à SA», témoigne Nadia d'Opteos, un collectif d'entrepreneurs qui compte 26emplois à EuraTechnologies (CA: 3M€) et a, depuis 2010, accompagné 200 porteurs de projets. Pierre Malavielle, fondateur du commerce équitable Alter Mundi à Lille doit son existence à la finance solidaire: «Dans une structure classique, nous n'aurions pas eu cette pérennité», indique-t-il séduit par le visage humain et le parrainage de ses investisseurs atypiques. Le réseau des Cigales affiche un taux de pérennité de 70% àcinq ans, en légère baisse mais toujours largement au-dessus de la moyenne nationale. «On ne sent pas de baisse des demandes», rassure Christian Leblan, président d'Autonomie & Solidarité. L'ESS, c'est aussi une réalité transfrontalière avec 231.910emplois (14.193 établissements) dont près de 83.000 chez nos voisins (zone Interreg wallonne) où l'effectif moyen par établissement est plus élevé (21,2 contre 14,5employés). La part des coopératives est plus grande en France qu'en Belgique mais la répartition d'emplois par secteur comparable. ZOOM