Jean Mane
, président du directoire de Mane
. Vous venez d'être élu Entrepreneur de l'année par Ernst & Young et le magazine L'Entreprise. Une première réaction d'abord?
Il y a un fort sentiment de fierté de voir récompenser le travail, par-delà l'individu, de toute une équipe, mais aussi peut-être une certaine idée de la gouvernance et la résilience de l'entreprise Mane face à la crise.
Mane a connu une croissance à périmètre constant de 44% depuis 2008 et se classe au 6e rang mondial du secteur parfums et arômes. La crise vous a épargné...
Dans notre métier, il n'y a pas d'autres moyens pour progresser que l'innovation. Or, nous avons eu la chance d'inventer certaines formes d'encapsulation d'arômes qui ont été adoptées par nos clients. Leur industrialisation nous a donné un surcroît d'activité et, de façon corrélative, entraîné la création d'une centaine d'emplois. En parallèle, notre composante à l'international, notamment sur les pays émergents ou développés qui n'ont pas connu la crise, et notre stratégie de business de proximité un petit peu unique a eu un effet boule-de-neige qui nous a permis d'enregistrer une croissance significativement plus importante que celle de nos concurrents.
Qu'entendez-vous par business de proximité?
Il s'agit de créer des filiales, non pas pour délocaliser la production et l'emploi, notre métier n'étant pas délocalisable, mais pour conquérir les consommateurs là où ils sont, capturer leurs attentes et ne pas se mettre hors jeu face à la concurrence. Ma stratégie est simple: l'expertise doit être locale, le réseau global. Aussi, nous menons actuellement une politique de développement sur le Moyen-Orient et l'Afrique, et confortons notre position en Chine et en Indonésie en investissant dans des sites de production pour répondre à notre clientèle locale. Mane (Bar-sur-Loup): 480M€ de CA en 2010, 3.000 collaborateurs dont 1.200 en France.
- TROIS QUESTIONS À