Le 30 juillet 2025, Dominique Goubault, à la barre de Goubault Imprimeur depuis 2002, a passé le relais. Il a transmis l’imprimerie, créée il y a 128 ans par son arrière-grand-père, Passage Pommeraye à Nantes, à trois de ses salariés. Le pilotage de la PME (38 salariés, 5 M€ de CA), aujourd’hui installée à La Chapelle-sur-Erdre, près de Nantes, est désormais assuré par un trio de dirigeants. Auparavant membres du comité de direction, ils présentent des profils complémentaires. Nicolas Rouger, ex-responsable de la production, devient directeur général, en charge de la stratégie et du développement commercial. Lina Rizk est directrice administrative et RH. Marine Ravanne, arrivée il y a un an dans l’entreprise, prend la direction des systèmes d’information.
Une transmission en six mois
Cette transmission extra-familiale a été orchestrée en un temps record. "En septembre 2024, un dirigeant qui venait de vendre son entreprise m’a interpellé en me demandant pourquoi je ne cédais pas maintenant, au lieu d’attendre quelques années de plus. J’ai profité des fêtes de Noël pour vérifier auprès de mes trois enfants qu’aucun n’était intéressé par l’entreprise. Le 2 janvier au matin, j’ai proposé à trois de mes collaborateurs de la reprendre. Dans la mesure où l’entreprise ne restait pas dans la famille, c’était la solution que je préférais. Nous avons signé fin juillet. Cela a été hyper rapide", raconte Dominique Goubault.
Ce dernier quittera la société fin octobre 2025 pour se lancer dans "le second rêve de sa vie". Il entamera, au printemps prochain, un tour du monde à la voile, par étapes, sur cinq ans.
Soutien des banques
L’opération a été rendue possible grâce au soutien des banques historiques de Goubault Imprimeur. "Les banquiers se sont posé deux questions : quid d’une imprimerie dans les années 2020 ? Et quid de Goubault Imprimeur sans Dominique Goubault ? Mais la solidité de nos résultats, la relation de confiance que nous avons instaurée avec eux, la qualité des repreneurs et de leur projet les ont convaincus", rapporte Dominique Goubault. La reprise a été réalisée via un LBO, accompagné par Banque Populaire Grand Ouest (BPGO) et le CIC. Ces crédits bancaires classiques ont été complétés par un prêt "Croissance Transmission" de Bpifrance. "Ce prêt sans garantie, avec deux années de différé en capital, permet de libérer les repreneurs de la dette senior et de faciliter le démarrage", commente Nicolas Rouger, le nouveau directeur général.
Digitalisation
Les trois repreneurs entendent renforcer les facteurs clés de la réussite de Goubault Imprimeur : un fort ancrage local avec 90 % de clients dans la région nantaise, une haute qualité de service et un niveau de récurrence élevé. Quelques chantiers attendent néanmoins la nouvelle direction pour préparer le "Goubault Imprimeur de demain".
Le premier porte sur l’accélération de la digitalisation avec l’objectif de gagner en précision, en fiabilité et en réactivité. "Nous mettons à la disposition de nos clients une plateforme pour répondre à leurs demandes de réassort, de livraison de tel point de vente… Nous l’avons voulue la plus intégrée possible dans leurs systèmes informatiques pour fluidifier le parcours clients sur des métiers aux process très lourds. À terme, cette plateforme doit nous permettre d’automatiser les petites commandes pour gagner en compétitivité et concentrer les opérateurs sur les tâches à forte valeur ajoutée", décrypte Nicolas Rouger.
La digitalisation de l’imprimerie doit également contribuer à développer les services à valeur ajoutée : conseil, PAO (publication assistée par ordinateur), gestion des demandes multisites ou multi-enseignes… "Nous voulons offrir à nos clients la qualité de production d’un industriel et la relation client d’un artisan", résume le nouveau directeur général.
Investissements
Parallèlement, Goubault Imprimeur poursuit ses investissements technologiques. Deux millions d’euros ont été engagés dans l’acquisition d’une nouvelle presse offset en 2023 et d’une machine grand format, mise en service fin septembre 2025. Cet équipement permet d’internaliser des expertises précédemment sous-traitées, comme l’impression de bâches pour la communication événementielle… "L’objectif est d’atteindre le même niveau de qualité et les mêmes délais sur ces produits de grande dimension que sur les autres", indique Nicolas Rouger.
Bilan carbone des impressions
Engagé de longue date dans une démarche RSE, Goubault a mis en œuvre une démarche d’écoconception visant à augmenter l’impact du message imprimé tout en réduisant son impact environnemental, via un produit le plus responsable possible. Cela passe par des gestes, comme la diminution du taux d’encrage, l’utilisation des fins de stock papier pour réaliser de nouvelles impressions…
L’imprimerie nantaise a également développé un logiciel qui lui permet de calculer, dès la commande, le bilan carbone des documents à imprimer. "Nous sommes les premiers à la faire. Cela correspond à notre volonté d’imprimer moins, mais mieux, pour construire notre performance dans la durée", explique Nicolas Rouger.