À l'image du village gaulois d'Astérix, les Français ont une fâcheuse tendance à s'écharper sur quantité de sujets. Il est un sujet, pourtant, qui provoque un (quasi) consensus : le TGV. Tout le monde veut sa ligne à grande vitesse. Alors, quand la commission chargée d'arbitrer entre les différents dossiers passe à la trappe de nombreux tracés, la colère monte de partout. Dans le Sud-Ouest, le verre est à moitié plein, ou à moitié vide, c'est selon. La ligne vers Toulouse verra le jour, mais le tracé vers Hendaye est abandonné. On ne peut que regretter l'arrêt du projet, à dimension européenne, vers l'Espagne. Et déplorer que les habitants de Bayonne Anglet Biarritz soient tenus à l'écart du réseau ferré à grande vitesse. On peut aussi commencer à chercher des responsables : les (quelques) opposants basques, les (rares) partisans de la décroissance. Mais la vérité est beaucoup plus prosaïque : il n'y a plus d'argent. La commission Mobilité 21 a dû faire le tri parmi 70 projets représentants une somme totale de 245 milliards d'euros ! Fallait-il promettre des infrastructures aux habitants d'Aquitaine, mais aussi de Bretagne, d'Auvergne, du Limousin, de Paca... alors même qu'elles n'étaient pas financées ? Les élus qui poussent aujourd'hui des cris d'orfraie pour la ligne à grande vitesse qu'ils n'auront pas sont les mêmes qui votent des budgets en déséquilibre depuis 30 ans. On ne peut pas gagner sur tous les tableaux.
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