Un mois vu par Thérèse Lebrun

Un mois vu par Thérèse Lebrun

Président-recteur Université catholique de Lille: 22.000étudiants, 5.000salariés Parcours Née le 28novembre 1955 Diplômée de l'Iéseg en 1976; doctorat en sciences éco à Paris. Économiste chargée de recherche à l'Inserm en 1981. Présidente de La Catho le 1erjuillet 2003, vice-présidente de la Fédération internationale des universités catholiques.

La surmédiatisation des affaires: DSK, concombre et E.coli. En juin, nous avons été servis. Je relis ces faits sous un autre angle que la presse. L'affaire DSK a mis en lumière que, dans des endroits prestigieux, des gens au travail dans des entreprises ont de grandes responsabilités et ne sont pas forcément en sécurité, y compris lorsqu'elles sont femmes de ménage. Ces gens de l'ombre, qui font tourner l'économie, peuvent être en souffrance. Or, nous les oublions souvent. Cela m'a beaucoup frappée. En tant que citoyenne, j'ai été par ailleurs extrêmement choquée par les déclarations de Luc Ferry, que j'apprécie habituellement pour ses analyses. Que l'on puisse, à travers des médias, faire une annonce qui déstabilise tout le monde, est d'une irresponsabilité! Ces agissements produisent des manques de confiance. C'est le même effet pour l'affaire des concombres et de la bactérie E.coli. Des filières complètes de production subissent des pertes énormes. Un peu plus de retenue, s'il vous plaît! Notre société veut un "zéro problème" impossible dans le monde qui nous entoure.




Sport et vivre ensemble. Je ne suis pas sportive et je ne connais pas les règles du foot, mais j'étais au Stade de France quand Lille a gagné. Emportée par la joie populaire, j'ai beaucoup aimé cette atmosphère du vivre ensemble. C'est une bouffée d'oxygène. J'ai ressenti cela aussi à l'inauguration des premiers bâtiments du campus Humanicité à Lomme et j'ai perçu la même émotion avec Roland Garros et la beauté de la finale Nadal-Federer. On peut se battre jusqu'à la limite de ses forces et donner une image de respect, d'amitié et de vivre ensemble. J'ai la même admiration pour mes collaborateurs. Si on ne s'admire pas mutuellement, le monde est triste.

Les dérives de la finance. Où vont donc l'argent et les richesses que nous créons? La finance internationale emporte tout. Une part des enrichissements ne va pas à la véritable création de richesses qui font avancer le monde. Elle disparaît pour partie et non pas à des fins de bonne finance. Des avantages et des fortunes me scandalisent dans leur proportion. La crise a réveillé le peuple, a mis en lumière des excès mais nous n'en avons pas tiré les conclusions. Il n'y a plus d'argent dans les caisses mais il est bien quelque part?