Un mois vu par Marc Raïola

Un mois vu par Marc Raïola

Président d'Intérima, entreprise indépendante de travail temporaire, qu'il dirige depuis 2004 (21 permanents, 6 agences, 10 M€ de CA). Marc Raïola est également administrateur national de Prism'Emploi (syndicat des professionnels du recrutement et de l'intérim), vice-président du CAIPVD (Club des entreprises de Carros le Broc) et secrétaire du Réseau Entreprendre Côte d'Azur.

A




ffaire Baby Loup

: « Au-delà de la question du port du voile, il me semble que cette affaire est avant tout une histoire de remise en cause du règlement intérieur de l'entreprise Baby Loup que sa fondatrice a voulu d'une totale neutralité en matière de confession religieuse. On n'est pas dans de la discrimination. Or, en France, on est en train de perdre de vue ce que veut dire un contrat. C'est un engagement entre deux parties, si l'on n'est pas d'accord avec les termes, rien n'oblige à le signer. Je trouve donc regrettable que la cour de cassation invalide le licenciement. C'est une nouvelle illustration des allers-retours de la justice. Mais n'oublions pas qu'un jugement en cassation n'est pas loi, seulement une interprétation des juges à un moment donné. Quant à la question du voile en lui-même, je défends la vision d'une entreprise laïque. L'entreprise n'est pas un lieu de culte. »




Les points "pénibilité"

: « C'est une bombe à retardement et personne ne semble en avoir pris conscience. Qu'est-ce qu'un travail pénible ? Quels sont les critères ? Qui paiera ? Personne ne sait, pourtant cela deviendra très problématique dans les années à venir. Les entreprises auraient tout intérêt à s'y pencher, plutôt que de faire l'autruche, y compris dans notre branche : qui supportera la pénibilité d'un intérimaire ? L'entreprise d'intérim ou son client ? Là encore, c'est le flou. »




Le travail du dimanche

: « Cette histoire me rappelle un bouquin de François de Closets, "Toujours plus", qui évoquait la défense des privilèges. Ceux qui s'expriment contre le travail du dimanche sont bien souvent ceux qui ne travaillent pas le dimanche. Comme si tout le monde en France travaillait dans un bureau, du lundi au vendredi, de 9h à 18h ! Je ne remets pas en cause la notion de repos hebdomadaire, mais il ne faudrait pas occulter l'évolution de la société. Il me semble que le débat, en étant orienté sur les problématiques religieuses ou de consommation, s'en trouve biaisé. On est plutôt dans un débat de société, dont l'issue ne pourra se résoudre tant qu'on n'aura pas défini vers quel type de société nous souhaitons aller. »