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Un an après sa reprise, Château-Virant entre dans sa nouvelle ère
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Un an après sa reprise, Château-Virant entre dans sa nouvelle ère

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Le domaine viticole et oléicole de Lançon-Provence a été repris en novembre 2024 par les couples Ramounet et Coutin. Jouant de leurs complémentarités, ils apposent leur patte dans le respect d’une histoire de plus de 50 ans.

Philippe et Claire Coutin, Stéphanie et Laurent Ramounet, copropriétaires exploitants de Château-Virant — Photo : Jean-Christophe Barla

"Nous voulons faire de Château-Virant un lieu d’échange bien ancré dans son territoire et accueillant toute l’année. Nous portons son histoire avec la volonté de faire rayonner sa marque", confie Stéphanie Ramounet, copropriétaire exploitante avec son mari Laurent et le couple Philippe et Claire Coutin. Le quatuor a acquis la totalité du domaine de Lançon-Provence en novembre 2024 auprès de la famille Cheylan qui l’avait fondé en 1974.

Le 25 septembre, ils ont en commun exposé leurs intentions, valeurs et visions pour y parvenir alors que les vendanges se sont achevées voici quelques jours et que leurs premières olives cassées sont tout juste commercialisées dans la boutique.

Château-Virant s’étend sur 216 hectares de vignes et 46 hectares d’oliviers qui lui permettent de produire 1,4 million de litres de vin dans les trois couleurs et 144 000 litres d’huile d’olive dans son propre moulin. Quarante-huit salariés (équivalent temps plein) y travaillent pour un chiffre d’affaires annoncé de 10 millions d’euros (75 % en vin, 25 % en huile). Pour continuer à le faire croître, ils n’entendent pas s’économiser. "Nous sommes là 7 jours sur 7 !" assurent-ils.

Notoriété nationale à conforter

Château-Virant produit 50 % de rosé, 25 % de blanc et 25 % de rouge. Les nouveaux propriétaires ont déjà lancé un vin, en mono-cépage, à base de Colombar, cultivé sur une parcelle d’1,5 hectare et vendu dans la boutique (elle génère 20 à 25 % du chiffre d’affaires). Pour Laurent Ramounet, "les vendanges 2025 se sont bien passées, avec un rendement un peu inférieur à ce qu’il était, des fruits plus secs. C’est une bonne base de travail". Ingénieur agronome avec Claire (également propriétaire du Mas des Bories à Salon-de-Provence), Philippe s’attend à des vins aptes à décrocher, comme chaque année, des médailles dans les concours. Il voit déjà loin pour les productions futures. "Château-Virant est très implanté et reconnu en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Nous souhaitons le promouvoir sur des marchés plus lointains en France, à Paris ou dans le Nord, ainsi qu’à l’export où il n’est pas du tout présent".

Transitions à assurer

L’huile d’olive, en revanche, a pris pied sur une quinzaine de pays, jusqu’au Japon. "Elle a une vraie identité de marque, nous pouvons l’accentuer encore", indique Claire qui prépare l’ouverture du moulin aux 3 000 apporteurs annuels. Elle réfléchit à investir le secteur des vinaigres, en production propre, pour enrichir la gamme, la création de la vinaigrerie qu’avaient envisagée les Cheylan ne s’étant pas concrétisée avant la cession.

Les deux couples œuvrent à progresser dans la transition écologique. Par conviction d’une part : "Nous avons fait un essai sur 10 hectares en bio et ça a bien fonctionné", souligne Philippe qui y voit "un cap" à terme (le moulin à huile est déjà accrédité bio). Pour anticiper les effets des changements climatiques, d’autre part, sur des vignobles exposés à de fortes chaleurs, à l’érosion des sols, au ruissellement, une nécessaire rationalisation de la consommation d’eau, même si le canal de Provence sécurise l’avenir. "La facilité d’accès à l’eau a été une condition préalable de notre projet de reprise", glisse Laurent. "Nous sommes mécènes de la chaire "agrosystèmes" (Agrosys) à l’Institut Agronome de Montpellier qui réfléchit, par des programmes de recherches, au devenir des vignobles en zone méditerranéenne pour les rendre plus durables. Ce savoir sera restitué et partagé", précise Claire.

Découvertes à partager

Le dernier " pilier " concerne l’œnotourisme (un musée est sur le site) et l’événementiel, poursuivis et renforcés, avec, dès le 26 octobre, une " journée portes ouvertes " pour les fidèles du domaine et ceux qui voudraient en découvrir la diversité. "Nous sommes là aussi pour défendre un patrimoine vivant", insiste Stéphanie, désireuse, demain, d’établir des "parcours didactiques " dans les collines qui surplombent les vignes et les oliviers.

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