Ufip : «Le port pétrolier est pris en otage»
# Conjoncture

Ufip : «Le port pétrolier est pris en otage»

Jean-Louis Schilansky, président de l'Union française des industries pétrolières, a présenté le 19février dernier à Marseille le bilan 2008 et les perspectives 2009 du secteur. L'homme en a profité pour rappeler son inquiétude quant à la situation actuelle du port de Marseille.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes: en l'espace d'un an, le prix du baril de brent est passé de près de 140dollars à 36dollars. «J'ai coutume de dire que nous avons vécu deux années en une, a confirmé Jean-Louis Schilansky, président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), lors de la présentation des résultats du secteur pour 2008. En matière de prix, nous sommes revenus cinq ans en arrière...» Dans le même temps, selon une enquête Ifop, la consommation française de carburants a enregistré une chute de 2,8%. «La demande pétrolière mondiale devrait continuer à baisser, et les marchés ont de plus en plus les yeux rivés sur la demande, estime Jean-Louis Schilansky. Sans croissance économique, les prix du pétrole brut ne repartiront pas à la hausse».




«Nous espérions une solution»

Concernant la région Paca, qui a produit en 2008 quelque 25millions de tonnes de pétrole raffiné, le directeur général de l'Ufip ne cache pas son inquiétude. «Dans le contexte actuel de crise internationale, ce n'est certainement pas le moment d'avoir un problème additionnel à Marseille. Et pourtant, aujourd'hui, il ne semble pas qu'un engagement d'évolution existe pour le port. Nous espérions une solution, mais nous ne la voyons pas...» En effet, impliquée depuis des mois dans le mouvement de réforme du port de Marseille, l'Ufip dit s'être préparée à une éventuelle reprise de l'activité de manutention de Fos et Lavéra, par le biais de la création d'une société privée qui aurait rassemblé des pétroliers, des chimistes, des propaniers et des opérateurs. Mais l'État en a décidé autrement, en initiant, à l'issue des mouvements de grève de décembre dernier, la création d'une filiale détenue majoritairement par le Grand port maritime de Marseille. «Le port pétrolier de Marseille est pris en otage, estime Jean-Louis Schilansky. Nous sommes évidemment déçus par cette situation. Si c'est pour devenir un actionnaire minoritaire silencieux, alors rien ne changera. Même si c'est désormais à chaque opérateur de se positionner pour savoir s'il souhaite ou non intégrer la filiale, il est possible que la plupart de nos adhérents ne suivent pas...»

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