Implantée à Aix-en-Provence, Tysilio s’est lancée dans une levée de fonds d’une quinzaine de millions d’euros qu’elle espère boucler début 2026. Objectif : accentuer et sécuriser le déploiement de ses "Tysilio Solar Station", centrales photovoltaïques de moyenne puissance combinées à des batteries de stockage pour favoriser l’autoconsommation d’énergie.
Progressivement en Afrique depuis 2016
"Nous constatons une vraie tendance de fond en Europe et sur le continent africain pour l’autoconsommation dans l’industrie, explique Nicolas Pagès, cofondateur et directeur général de la PME de 20 collaborateurs, répartis à 50-50 en France et l’international. À la création de la société en 2016, nous avions la conviction qu’il existait un marché, mais les mentalités n’étaient pas encore prêtes. D’où notre positionnement, via des Organisations non gouvernementales, l’Unicef ou les Nations Unies, en Afrique subsaharienne, en Somalie d’abord, en 2016, pour équiper le camp diplomatique de l’Union européenne. Puis au Ghana, en 2017, au Sénégal où nous avons mis sur pied une filiale dès 2019, le Mali en 2021, le Togo en 2022, le Bénin… "
L’entreprise a réalisé en 2024 un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros et vise les 5,5 à 6 millions d’euros en 2025.
Solution globale adaptable
La Tysilio Solar Station (TSS), intégrée dans un ou plusieurs conteneurs en fonction du besoin, est labellisée "Solar Impulse". Sur 500 m², le modèle 80 kWc peut produire jusqu’à 152 000 kWh par an et se substituer à des générateurs diesel, en particulier dans les zones éloignées des réseaux électriques ou approvisionnées aléatoirement, économisant plus de 50 000 litres. La centrale, aisément déplaçable, peut être livrée clé en main près d’une unité industrielle, exploitée par Tysilio si l’utilisateur n’investit pas lui-même, ou louée, comme au Togo et au Mali.
"Notre objectif est de diminuer, grâce au solaire, la dépendance énergétique et le coût, avec un dispositif miniaturisé, simple, accessible et opérationnel. Notre technologie propriétaire de gestion du système s’ajuste au besoin en temps réel", affirme Nicolas Pagès. Tysilio a adossé sa TSS à des unités d’embouteillage, de sidérurgie, d’agroalimentaire, des stations de pompage…
"Le solaire n’est pas un gadget, au contraire de certains discours et lubies qu’on entend en France. La baisse du prix des panneaux et des batteries rend l’investissement pertinent pour un coût et un rendement attractifs".
Des références pour piliers
Tysilio a concrétisé une trentaine de projets dans 14 pays. En France, elle s’illustre sur la façade méditerranéenne et la vallée du Rhône. Une station approvisionne, sur l’aérodrome des Milles, l’école de pilotage Fly Provence et recharge sa flotte d’avions électriques. À Veynes, dans les Hautes-Alpes, la station d’épuration a été équipée en 2025 et l’autoconsommation étendue à des bâtiments communaux. "En collectif, nous pouvons doter des zones d’activités. L’excédent de production stocké est restitué et partagé à d’autres moments de la journée", explique Nicolas Pagès. En Afrique, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, en plus des pays où elle est déjà présente, Madagascar aussi, lui laissent entrevoir de fortes potentialités.