Laval
Trophées Industrie Grand Ouest : Cofidur défend l’électronique française
Laval # Électronique # ETI

Trophées Industrie Grand Ouest : Cofidur défend l’électronique française

Le sous-traitant électronique Cofidur EMS joue la carte du made in France auprès de ses clients pour consolider sa croissance. L’entreprise de Laval remporte le prix "Ancrage territorial" des Trophées Industrie Grand Ouest.

Les sept cadres salariés de Cofidur qui ont repris le groupe en 2021, dont ils détiennent 49,5 du capital, dont le président Laurent Dupoiron (2e à droite) — Photo : Melanie Chaigneau

Depuis Laval, le sous-traitant Cofidur EMS (80 M€ de CA en 2024, 500 salariés) avance avec la volonté de ne pas subir la restructuration en marche de l’industrie électronique. Le fabricant de cartes et sous-ensemble électroniques produit principalement pour des clients français, dont de nombreuses PME et ETI. "Dans notre domaine, nous ne sommes pas si nombreux que ça à être détenus par des capitaux français. C’est plutôt un atout dans le contexte actuel, par exemple dans l’aéronautique. Les commanditaires veulent privilégier des fabricants français", souligne Laurent Dupoiron, président du groupe Cofidur, qui note que son groupe a aussi l’ambition de travailler davantage pour le secteur de la défense.

Cofidur a été repris en 2021 par sept cadres salariés aux compétences complémentaires (commercial, finances, RH, production, etc.) lorsque les anciens dirigeants sont partis à la retraite. "Il y avait alors plusieurs options comme vendre à un autre industriel, à des financiers, à un fonds de gestion, se souvient Laurent Dupoiron. Mais on sait que dès qu’il y a un rachat, il y a des effets de bords. Or, la continuité est importante dans nos métiers, auprès des clients, pour éviter les ruptures d’achats, et auprès des salariés".

Un nouveau rythme de croissance

Le rachat par l’encadrement (49,5 % du capital, le reste est dans le public, l’entreprise étant cotée en Bourse depuis 1991) a donné de la stabilité à l’entreprise et de la confiance aux donneurs d’ordres. Depuis, l’activité a renoué avec la croissance (43,6 M€ de CA au 1er semestre 2025, + 14 %) après une chute en 2020 sous l’effet covid (le chiffre d’affaires était tombé à 50,8 millions d’euros).

Aujourd’hui, des investissements sont en cours sur les deux sites de production de Laval et de Périgueux (Dordogne), pour améliorer les flux et disposer de nouvelles capacités. Et le rachat de la PME nantaise Seico à l’été 2024, "moins certifiée que nos usines historiques, nous a offert de l’agilité et de la réactivité auprès de certains clients", constate Laurent Dupoiron. Seico fournit tous les domaines clés de Cofidur tels que l’électronique industrielle, la défense, la sécurité, l’énergie, l’environnement, le médical et le transport, mais en petites séries ou sous forme de prototypes.

Une part dans la réindustrialisation du pays

Le gain de marché le plus emblématique pour Cofidur ces dernières années reste la relocalisation en France de la fabrication de centraux téléphoniques d’Alcatel-Lucent, en 2023. "Pour y parvenir, il a fallu travailler avec le client pour revoir le modèle et être irréprochables à la livraison", explique Laurent Dupoiron. "Les conditions économiques ne sont pas le point fort de l’industrie français. Donc, lorsque vous voulez ramener de la production de Pologne, il faut changer le produit, innover et le rendre plus efficient."

Une communication renforcée

Pour porter ses ambitions, le fabricant de cartes et sous-ensemble électroniques doit donc former à ses métiers. L’industriel engage de quinze et vingt alternants et jusqu'à trente cette année, dans l’espoir d'enrôler les meilleurs profils en CDI. Le campus Esprit de Redon (Ille-et-Vilaine), situé entre Laval et Nantes, est pour cela un partenaire historique privilégié avec ses cursus dédiés à l’électronique. L’entreprise cherche également à attirer les compétences en renforçant sa marque employeur.

Laval # Électronique # ETI # Commercial # Production # Marketing-communication
Dans le même dossier
Trophées Industrie Grand Ouest 2025 : six industriels de l'Ouest récompensés