Saint-Étienne
Trois scieries s'unissent pour lancer un nouveau produit
Saint-Étienne # BTP # Réseaux d'accompagnement

Trois scieries s'unissent pour lancer un nouveau produit

Les scieries Montmartin, Chorain et Vray unissent leurs forces pour lancer un nouveau produit : du lamellé-collé en sapin du Pilat.

« Traditionnellement, les scieries travaillent avec du bois massif. Mais ce marché s'effondre au profit du bois technique ». Jean-Christophe Montmartin, co-gérant avec son frère Sven de la scierie talaudiéroise familiale depuis trois ans, fait référence notamment au bois lamellé-collé, cette technique consistant à sécher des morceaux de bois puis à les coller ensemble. « Ce produit permet de répondre aux exigences de plus en plus fortes des clients en terme de délais. Ils n'ont plus le temps d'attendre que le bois massif soit sec ». Ce lamellé-collé, inondant le marché de la construction bois, est principalement issu d'épicéas coupés dans le nord de l'Europe, transformés directement dans ces pays ou en France.

Réaction coordonnée

Face aux grandes scieries fabriquant par camions entiers du lamellé-collé en épicéa, confrontés à une activité fragilisée, trois scieries ligériennes ont décidé de réagir : les scieries Montmartin (10 salariés ; CA 2016 : 2,5 M€), Vray (Saint-Chamond ; CA 2015 :1,1 M€) et Chorain (Marlhes ; 12 salariés ; CA 2015 : 1,8 M€). « L'idée est née autour d'Interforêt bois (filière bois ligérienne NDLR). Nous n'avions pas les moyens d'investir chacun de notre côté dans des outils de production de bois lamellé-collé. En revanche, ensemble, nous pouvions faire quelque chose », sourit Jean-Christophe Montmartin. « Il n'était pas question de faire venir du bois d'Allemagne alors que nos montagnes regorgent de ressources ».

Les trois TPE, pourtant concurrentes, ont travaillé de concert plusieurs mois pour finalement lancer le mois dernier sur le marché, "le sapin lamellé du Pilat", en partenariat avec un lamelliste de Valence, la PME Colladelo, pour limiter les investissements. « Ses qualités mécaniques sont même supérieures à celles de l'épicéa », assure le jeune dirigeant de la scierie Montmartin qui ne souhaite pas s'engager sur des objectifs chiffrés en terme de business. « Pendant six mois, nous allons caler notre organisation. L'idée est de créer à terme une structure commune ». Cette nouvelle offre devrait également permettre aux trois scieries de lisser leur activité en sciant, pendant la période creuse de l'iver, du bois pour le lamellé.

Saint-Étienne # BTP # Réseaux d'accompagnement