Triskalia : Le futur géant breton de l’agroalimentaire

Triskalia : Le futur géant breton de l’agroalimentaire

Trois coopératives bretonnes (Coopagri, Cam 56 et Eolys) s’unissent pour créer Triskalia. La fusion attend encore le feu vert de l’autorité de la concurrence cet automne. Triskalia serait alors la première coopérative régionale, avec 6.000 salariés et 2 milliards d'euros de chiffre d’affaires.

C’est une petite révolution dans le paysage agroalimentaire breton qui est en train de se préparer. À l’aube de ses cent ans, Coopagri Bretagne va finir ses jours en fusionnant avec deux autres coopératives. Pour cela, il faut d’abord attendre le feu vert de l’Autorité de la concurrence. Son avis est attendu à l’automne 2010. Celui des adhérents des trois entités concernées, Coopagri Bretagne, Cam 56 et Eolys, a lui été recueilli lors de leur assemblée générale, les 10 et 11juin. La fusion et la création prochaine de Triskalia ont été approuvées « massivement ».
Économies d’échelle
Ce nouveau géant breton de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la distribution devrait représenter 6.000 salariés, plus de deux milliards d’euros de chiffre d’affaires dont 20 % à l’export et 300 sites en Bretagne. Le siège social de cette première coopérative régionale sera basé à Landerneau, au lieu et à la place de Coopagri.
En pleine crise agricole, cette alliance d’envergure vise à atteindre une taille critique pour peser dans les négociations commerciales et mettre en commun afin d’investir en R & D.
Des économies d’échelles devraient en découler. «<TH>Entre les trois coopératives, oui, il y aura certainement des doublons. Les 120 départs à la retraite programmés vont nous aider à les gérer. Certaines activités vont évoluer et de nouveaux métiers verront probablement le jour<TH>», explique Denis Manac’h président de Coopagri Bretagne et futur président de Triskalia.
«Nous travaillons actuellement notre organisation que nous communiquerons à l’automne », poursuit Dominique Ciccone, actuel directeur général adjoint de Coopagri Bretagne, futur DG de Triskalia. «Si il y a des décisions à prendre, cela se fera dans la sérénité», continue Dominique Ciccone qui n’exclut pas de rationaliser les réseaux de distribution comme Magasin Vert, Gamm Vert ou Point Vert le Jardin. Sur certaines communes, on trouve parfois deux enseignes. «Quand les agriculteurs font des efforts, ils veulent que leur structure en fasse aussi», justifie Denis Manac’h.
Du côté d’Eolys, on fait remarquer la simplification que va engendrer la fusion dans les prises de décision. «Six coopératives vont disparaître au profit d’une seule…» souligne Gilles Bars, vice-président d’Eolys et ancien président de feu Unicopa. Eolys, dans les Côtes d’Armor, est en effet une union de coopératives, auparavant dans le giron d’Unicopa. «Dans la nouvelle configuration, nous allons appartenir à une coopérative unitaire : un seul compte d’exploitation, un seul directeur général, une seule coopérative.»

«On savait qu’il fallait aller vite»
Coopérative dite polyvalente, positionnée en amont des filières, Cam 56 dans le Morbihan, comme Eolys, appartenait à Unicopa emportée par la crise du lait et les pertes générées par sa participation (33%) chez Entremont Alliance. Toutes deux fournissaient la coopérative morlaisienne. Si à chaque nouvelle cession de branches d’Unicopa, elles négociaient le maintien des contrats d’approvisionnement avec les repreneurs, s’allier à une grande coopérative en Bretagne allait devenir important pour conforter leurs débouchés et faire le poids face à des partenaires amont de plus en plus concentrés. La décision de se regrouper a été prise il y a un an. «On savait qu’il fallait aller vite.»