Prenant acte des mauvais résultats des TER en matière de régularité, pointés par l’association UFC-Que Choisir, le président de la Région Sud, Renaud Muselier, a souhaité faire une mise au point. Il a ainsi livré son point de vue sur les nombreux investissements, consentis par la collectivité régionale pour faire en sorte que les trains et bus soient plus nombreux, modernisés, sécurisés, à un prix abordable et à l’heure.
Plus d’un milliard d’euros consacrés aux transports
"Découvrir que la régularité de nos TER est la plus mauvaise en France, et en Europe (la France étant en bas du classement européen, NDLR), que nous sommes donc les premiers des derniers" n’a pas laissé Renaud Muselier indifférent. D’autant que la Région a alloué une enveloppe de 1,07 milliard d’euros dans ses transports, sur la seule année 2024 : 700 millions d’euros vont au fonctionnement des TER et cars Zou, 300 millions d’euros aux investissements.
Des TER à l’heure
Alors que la région avait obtenu des "résultats probants, grâce à une pression, soutenue sur la SNCF", gagnant 10 points de régularité des TER en 7 ans pour atteindre 90 % en 2022, "l’année 2023 a été effroyable (avec un taux de régularité de 87,5 %, NDLR)". En cause de nombreux mouvements de grève, mais aussi des travaux sur les voies. Renaud Muselier a rappelé qu’il avait appliqué des pénalités (3 M€ en 2023, 1 M€ en 2024) et demeurait vigilant, alors que la situation s’améliore.
Ouverture à la concurrence : aucun retard possible
L’élu a profité de cette mise au point pour évoquer l’avancement de l’ouverture à la concurrence : "la Région Sud a été pionnière en ouvrant à la concurrence ses lignes TER."
Dès le 15 décembre 2024, un train tous les quarts d’heure circulera entre Nice, Cannes, Monaco et Menton, avec Sud Azur, qui s’est engagé à un taux de régularité de 98 %. Puis, à partir du 29 juin 2025, l’offre de transport sera doublée, avec 15 liaisons aller-retour par jour sur la ligne Marseille-Toulon-Nice avec Transdev Rail Sud Inter-Métropoles.
Des rames neuves Omneo ont été choisies par la Région pour cette ligne et le président a rappelé à ce sujet qu’il ne tolérerait aucun retard. "L’ouverture à la concurrence a été complexe et longue à mettre en œuvre. Nos objectifs ont été clairs et transparents, nous avons engagé des moyens financiers et signé un contrat avec Transdev. S’ils ne respectent pas leurs engagements, il y aura des conséquences financières importantes, avec des pénalités de 10 000 à 100 000 euros par jour, mais aussi des conséquences dommageables pour eux en termes d’image", a insisté Renaud Muselier.
Nouveaux sites de maintenance
Pour accompagner cet objectif de régularité, deux nouveaux sites de maintenance seront livrés sur le territoire niçois : le centre de Nice Saint-Roch en décembre 2024 pour un coût de 62 millions d’euros, le centre de Nice Ville en juin 2025 pour un coût de 40 millions d’euros. Et deux nouveaux sites sont en projet d’ici à 2029, à Avignon et La Blancarde à Marseille pour une enveloppe totale de 114 millions d’euros.
Des investissements assurés en urgence
Mettant en avant l’investissement de la Région Sud pour favoriser la mobilité durable, Renaud Muselier a également rappelé les moyens financiers importants consentis, en urgence en 2024. Il cite notamment les 54 millions d’euros de financements de la région sur un montant total de 74 millions d’euros déployés pour sauver le service ferroviaire de la Roya, au-dessus de Nice. Mais aussi un financement 100 % régional de 130 millions d’euros pour moderniser les chemins de fer de Provence, dits Train des Pignes, assurant un service urbain de transports de voyageurs entre Nice et La Vésubie Plan-du-Var ainsi qu’un service pour les voyageurs quotidiens entre Nice et Digne-les-Bains.
L’effet Jeux Olympiques 2030
Il y aura aussi des investissements dans les Alpes, indispensables pour la réussite des Jeux Olympiques 2030. Cet événement, Renaud Muselier le voit comme "un élan", comme un accélérateur pour développer les transports : notamment la ligne Marseille-Briançon, un tronçon qui bénéficiera d’investissements pour réduire la durée du trajet de 5 heures à 3 h 30 et renforcer la capacité.
"Puis, la Région investit aussi dans le projet de Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur (coût total : 3,6 milliards d’euros), dont le premier coup de pioche sera donné en 2025, elle porte 4 projets de Service Express Régionaux Métropolitains (SERM) à Avignon, Aix-Marseille-Provence, Toulon et Nice-Côte d’Azur, elle décarbone ses lignes de bus… Nous avons œuvré sur tous les tableaux avec en ligne de mire l’objectif d’augmenter la fréquentation des transports régionaux", conclut Renaud Muselier.