Transmanche : L'après SeaFrance se dessine
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Transmanche : L'après SeaFrance se dessine

transport maritime Le tribunal de commerce de Paris a pris la décision d'attribuer à Eurotunnel les trois bateaux de SeaFrance. Ceux-ci seront exploités par une Scop. L'arrivée d'une troisième compagnie sur Calais - Douvres redistribue les cartes sur le détroit.

Le Transmanche n'en finit pas d'attiser les convoitises des compagnies maritimes. La place laissée par SeaFrance ne restera pas vide. La reprise par Eurotunnel pour 65M€ des actifs de SeaFrance est accueillie favorablement sur le littoral du Pas-de-Calais.




Accueil favorable sur le littoral

Daniel Percheron, sénateur du Pas-de-Calais et président du conseil régional Nord - Pas-de-Calais, a indiqué être soulagé de cette décision et par conséquent, «ce qui comptait le plus pour la Région est l'espoir revenu pour les centaines de travailleurs concernés de retrouver un emploi»? L'emploi au coeur également des préoccupations de Frédéric Cuvillier, député-maire de Boulogne-sur-Mer et devenu, depuis, ministre délégué de l'Économie maritime. Il a mis en avant l'idée «que l'emploi doit pouvoir l'emporter sur cette partie du littoral dont le Transmanche a été l'un des poumons, pour permettre à l'économie maritime de prendre tout son sens». Le littoral et tout particulièrement Calais tourné vers son projet dénommé Calais Port 2015 savoure la présence d'une troisième compagnie sur le détroit. Cette nouvelle offre de transport, tant en fret qu'en passagers, offre au port, la possibilité de retrouver des parts de marché et un rôle d'acteur majeur sur une ligne Calais-Douvres. Toutefois, prudent sur ce dossier et sachant que le marché est disputé, Jean-Marc Puissesseau, président de la CCI Côte d'Opale entend rappeler que cette arrivée doit se faire dans le calme. Il en appelle également «au respect des règles d'une concurrence loyale entre les différents opérateurs».




Au revoir SeaFrance, bonjour SeaFrance!

En effet, trois compagnies vont désormais exploiter cette ligne. LD/DFDS ont renforcé leur présence avec un second navire et ont déjà recruté 300 personnes dont 230 marins, majoritairement des ex-SeaFrance. L'autre opérateur P&O a également renforcé son offre. Aujourd'hui, les trois bateaux acquis par Eurotunnel, vont être exploités par la Scop composée d'anciens salariés de SeaFrance. En jeu, quelque 500 emplois à long terme. Désormais se posent la question de son fonctionnement et sa stratégie. Interviewé par nos confrères du Télégramme, Jean-Michel Giguet, nouveau président du directoire de la Scop et ancien président du directoire de Britanny Ferries détaille sa feuille de route. Il révèle notamment que le nom de la nouvelle entité sera SeaFrance. Son siège, jusqu'alors parisien, sera calaisien.




Premières traversées en juillet? Autre annonce d'importance, la remise en service des bateaux qui sont à l'arrêt depuis huit mois. «Nous allons tout d'abord procéder à des arrêts techniques courts pour le Berlioz et le Rodin, pour des travaux nécessaires en terme de propreté et de sécurité. J'espère pouvoir les remettre en service pour la mi-juillet afin de profiter encore de la saison», détaille le nouveau dirigeant. Côté emplois, outre les 250 navigants qui seront rejoints par des équipes administratives et commerciales, l'objectif est d'atteindre les 520 à 550 salariés à l'horizon 2013. «70 personnes seront également recrutées en Angleterre pour des opérations commerciales, marketing et portuaires.» Et de poursuivre en précisant que «les salariés sont actionnaires de la Scop et participent au capital à hauteur de 5.000euros.»

Et on reparle de Boulogne

La carte Transmanche tout juste recomposée, Boulogne-sur-Mer et son hub port reviennent sur le devant de scène médiatique. La raison: une petite phrase de Daniel Percheron qui aimerait revoir le Transmanche à Boulogne avec au moins un navire basé sur place. «Il est logique que nous proposions ces infrastructures en tant que concessionnaire du port de Boulogne comme de Calais.» Dans la balance également, les 10millions d'euros d'aides promises aux porteurs de projet de la Scop. En coulisses et à mots couverts, on évoque aussi un souhait personnel de Jacques Gounon, P-dg d'Eurotunnel qui aurait à coeur d'être également présent au départ de Boulogne.

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