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À Toulouse, Capgemini prépare un tour du monde en dirigeable
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À Toulouse, Capgemini prépare un tour du monde en dirigeable

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Depuis son centre d’innovation de la Ville rose, l’entreprise mondiale de services du numérique Capgemini travaille à de nombreux projets, dont celui qui doit conduire la société paloise Euro Airship à démontrer une technologie révolutionnaire, d’ici à 2030.

Antoine Mallet, responsable de la structure de recherche « air et mobilité » de Capgemini Engineering, développe plusieurs briques technologiques pour le projet Solar Airship One — Photo : Philippe Kallenbrunn

Depuis son centre d’innovation à Toulouse — historiquement le premier des 22 labs (AIE, applied innovation exchange) que l’ESN compte dans le monde — et placé sous la responsabilité de Muriel Dumontaux, Capgemini travaille à un défi inédit : faire le tour du monde en dirigeable rigide sans énergie polluante, uniquement grâce aux énergies renouvelables. Les équipes de recherche du groupe (7 000 collaborateurs à Toulouse, deuxième site le plus important de l’Hexagone) collaborent en effet depuis deux ans avec la société Euro Airship, basée à Pau (Pyrénées-Atlantiques), actuellement en phase de levée de fonds et qui discute avec plusieurs régions de France pour implanter son usine et produire en série.

Pour le marché du tourisme vert

« L’objectif premier est de faire une démonstration de la technologie avant 2030 en réalisant un tour du monde d’une vingtaine de jours sans escale et sans aucune émission de CO2, explique Antoine Mallet, responsable de la structure de recherche « air et mobilité » de Capgemini Engineering, qui développe plusieurs briques technologiques pour ce projet. Ce dirigeable, de 150 mètres de long et de 30 mètres de large, est recouvert de 5 000 m2 de panneaux solaires sur sa partie supérieure. Ceux-ci produisent de l’énergie pour assurer sa propulsion lorsqu’il fait jour, à 60 km/h. Avec le surplus, on fabrique de l’hydrogène à bord, avec un réservoir de 300 litres d’eau, des électrolyseurs et une pile à combustible, pour lui permettre de continuer à avancer la nuit, à 30 km/h. »

Le marché adressé par Euro Airship est celui du tourisme vert. Il suffira de changer la cabine, prévue en l’état pour 3 pilotes, la cible étant d’accueillir 20 à 30 voyageurs. Une autre application pourrait conduire ce type de dirigeable à devenir une plateforme de haute altitude (HAPS, high altitude platform station), jouant le rôle d’une base 5G stationnaire, pour de l’imagerie, de la surveillance ou un relais télécoms.

Le dirigeable, de 150 mètres de long et de 30 mètres de large, sera recouvert de 5 000 m2 de panneaux solaires sur sa partie supérieure — Photo : Euro Airship

Le centre d’innovation de Capgemini à Toulouse mène ainsi de nombreux projets. « Nous travaillons avec des partenaires, comme Ascendance ou Kinéis, mais qui peuvent être aussi Google, Amazon, Microsoft ou OVH, indique Patrice Duboé, directeur "innovation" du secteur aéronautique et défense de Capgemini (340 000 collaborateurs, CA 2024 : 22 096 M€). Chacun de nos AIE a une empreinte sectorielle. À Toulouse, le spatial, l’aéronautique et la défense et aussi l’énergie. En 2025, avec la crise qui frappe tous nos clients, nous recevons plus de demandes sur l’apport en innovations que ces deux dernières années. »

Lutter contre les îlots de chaleur urbains

Parmi les projets en développement, figure l’utilisation de robots marins autonomes et de technologies avancées telles que la 5G et l’IA pour nettoyer les plans d’eau confinés en détectant et collectant automatiquement les polluants et les déchets flottants (WaterCleanBoat). On trouve également Eco-Logis AR, une solution de réalité augmentée visant à réduire la facture d’électricité et à promouvoir des pratiques écologiques ou encore SimCity4Climate, une solution pour l’adaptation au changement climatique. Cette dernière s’appuie sur un simulateur puissant qui combine simulations thermiques et IA pour évaluer les meilleures solutions écologiques et aider les industries et les villes à lutter contre les îlots de chaleur urbains.

« Au-delà d’un simple outil de simulation, nous aspirons à créer un standard de référence qui guidera la transformation durable des villes du futur, en combinant expertise technique de pointe et impact environnemental concret », décrit Julie Renard, responsable de l’activité R & D au sein du centre d’innovation.

« Notre raison d’être, c’est de libérer les énergies humaines par la technologie pour un avenir inclusif et durable », conclut Anthony Bernère, le directeur du site toulousain de Capgemini.

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