« Je suis venu au festival pour explorer, rencontrer des gens, raconte Abdulmohsen Elokdah, un représentant du centre universitaire Deanship of Scientific Research en Arabie Saoudite, qui abrite le Fablab Dhahran, ouvert depuis dix-huit mois. Je vais également présenter lors d’une table ronde la fabrication digitale en Arabie Saoudite et dans le Moyen-Orient. Notre Fablab est en pleine expansion, je suis à l’affût de ce dont il pourrait avoir besoin. » Appareil photo en bandoulière, le jeune Saoudien arpente les quelque 3.000 m² de la halle dédiée au Fablab Festival, quatrième rassemblement annuel des Fablabs français et européens. On le retrouve au stand de Kreos (5 salariés, 1,2 M€ de CA), une société lyonnaise qui propose des solutions de prototypage rapide. Marc Jimenez est le responsable de l’agence toulousaine de Kreos. « Pourquoi sommes-nous présents ? Nous avons déjà équipé des Fablabs avec nos machines soustractives (usinage) et additives (impression 3D) ; ce festival nous donne l’occasion de les revoir, et de proposer une vitrine aux Fablabs qui ne nous connaissent pas. Airbus nous a même rendu visite ce matin », confie-t-il. Sur son stand, plusieurs machines bourdonnent, usinant une pièce d’un côté, fabriquant une autre pièce par ajout de matière, de l’autre.
Une troisième participation pour le Fablab de Montpellier
A plusieurs endroits sous l’immense halle, des cercles d’auditeurs se sont formés, dédiés à différents workshops. Au fond du bâtiment, un, filet sépare les exposants d’une vaste zone d’essais en vol ou "volière à drones", le Flylab. Une cinquantaine de Fablabs de plusieurs pays ont répondu présents. Labsud, le Fablab de Montpellier, expose près de l’entrée de la halle des machines innovantes et des objets issus de fabrication additive. Pour Jean-Philippe Civade, président et fondateur de Labsud créé en 2012 et comptant 280 adhérents, il s’agit de sa troisième participation au Fablab Festival. «On y présente un projecteur prototype développé pour le compte d’une start-up montpelliéraine, Diotasoft, qui conçoit des dispositifs pour augmenter la réalité, décrit-il. Nous exposons aussi des imprimantes 3D que nous avons développées, dont la fabrication est ultra rapide : 1h15 sur découpe laser au lieu de 30 heures.»
Structuration du réseau
Une ambiance plutôt studieuse pour cette première journée du Fablab Festival, qui est réservée aux Fablabs eux-même, avant de s'ouvrir aux professionnels, aux universités puis au public les 8, 9 et 10 mai. Objectif : porter une réflexion commune sur la structuration du réseau en France. « On souhaiterait qu’un organisme se crée, avec un représentant par Fablab », souligne Nicolas Lassabe, fondateur de l’association Artilect et à l’origine du Fablab toulousain - premier Fablab en France par son nombre d’adhérents (850) et par sa date de création. Même attente chez Jean-Philippe Civade, du Fablab de Montpellier. « Il est indispensable d’avoir un outil de gouvernance, il faut trouver un consensus, estime-t-il. Se pose également la question d’un dialogue à engager avec le gouvernement, sur le plan finances par exemple, ou éducation : les Fablabs ont un rôle à jouer pour réimplanter les technologies et l’expérimentation dans l’éducation. »