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TNI veut investir 2 millions d’euros pour croître dans le recyclage des métaux critiques
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TNI veut investir 2 millions d’euros pour croître dans le recyclage des métaux critiques

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La filiale d’industrialisation de TND, laboratoire nordiste pionnier dans le traitement des métaux stratégiques, projette 2 millions d’euros d’investissements dans un site complémentaire à son usine pilote de Quesnoy-sur-Deûle, près de Lille, pour monter en puissance.

La société nordiste TND développe et industrialise des procédés de récupération de métaux contenus dans les déchets électroniques et les batteries — Photo : TND

En Hauts-de-France, TND (Terra Nova Développement) est un expert reconnu de la table de Mendeleïev (ou tableau périodique des éléments), de l’extraction et du recyclage des métaux critiques depuis 2013. À la suite de plusieurs restructurations, le laboratoire nordiste, cofondé par Michel Trabuc et le regretté Christian Thomas, a monté sa filiale d’industrialisation, TNI, en novembre 2020. Construite autour d’une usine pilote de quelque 200 mètres carrés au sol à Quesnoy-sur-Deûle, en région lilloise, la TPE (quatre salariés, 500 000 euros de chiffre d’affaires) menait jusqu’à récemment un vaste projet industriel d’extraction de métaux de cartes électroniques près de Sedan, en région Grand Est. Faute de financements nécessaires pour boucler un investissement évalué à 40 millions d’euros, déjà raboté une fois, le projet a été abandonné à la rentrée 2025, comme le confirme Michel Trabuc.

Dès lors, face à la nécessité de grandir et de développer ses savoir-faire, TNI a entrepris de se recentrer sur ses terres du Nord. Dans ses cartons, un déploiement de son activité sur un second site, plus mesuré que son ex-chantier ardennais. L’entreprise est en quête d’un bâtiment de 1 000 m², en location, sur une zone proche pour déployer son processus industriel.

Une levée de fonds programmée

"Nous sommes à l’étroit. Nous ne pouvons plus installer de nouveaux équipements", indique le cofondateur de TND qui souhaite passer d’une quarantaine de tonnes de métaux valorisée par an à près de 400 tonnes demain. Pour y parvenir, il prévoit un investissement de 2 millions d’euros dans l’outil industriel. Le grand four rotatif, qui permet aujourd’hui de fondre la matière, restera en place. "Ce second site nous permettra de prétraiter les matières et séparer les déchets plus facilement", détaille Michel Trabuc. Le dirigeant confie travailler à un plan de financements à base de subventions et d’une levée de fonds attendue pour septembre 2026, pour lequel il s’affirme confiant.

Un objectif de 18 métaux recyclés en sortie d’usine

Depuis sa constitution, TNI est notamment connue pour recycler des déchets électroniques médicaux pour le compte du laboratoire américain Abbott : principalement du nickel, du cuivre, ou de l’argent. À l’aide de ce futur équipement, TND envisage de sortir de ses murs 18 métaux stratégiques dont il maîtrise le recyclage, comme le confirme Julien Comel, son directeur de recherche.

"S’il y a un marché, nous irons les chercher", indique le chercheur qui travaille notamment sur le palladium, le gallium, l’antimoine ou le tantale, dont la production mondiale est dominée par la Chine. "Aujourd’hui, il n’y a aucune unité de valorisation en Europe", assure Michel Trabuc. Au point de susciter plusieurs marques d’intérêts. Sans trop s’épancher, TND témoigne de contacts entrants avec des industriels ou les pouvoirs publics. L’entreprise nordiste envisage désormais d’embaucher en continu deux à trois personnes par an, une fois sa deuxième usine pleinement opérationnelle. Pour son directeur de recherche, il faudrait compter vingt-quatre mois une fois le site identifié et le financement bouclé.

Nord # Industrie # Finance # Gestion des déchets et recyclage # Innovation # Levée de fonds # TPE
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