TIC : Une carte à jouer pour des PME souvent réticentes

TIC : Une carte à jouer pour des PME souvent réticentes

Le secteur des technologies de l'information et de la communication (TIC) n'est pas à l'abri des aléas de la conjoncture. Mais cette crise met aussi en lumière les avantages concurrentiels qu'un équipement informatique performant ou qu'une stratégie internet bien établie peuvent donner à une entreprise. C'est du moins ce qu'affirment les acteurs alsaciens de ce secteur qui explorent différentes voies pour développer ces marchés. Avec un avantage: leur capacité à travailler en réseau. Et un inconvénient: la dimension de leurs sociétés, souvent très petites. Des questions évoquées lors d'une table ronde organisée par le Journal des Entreprises, alors que se profilent les ?Rendez-vous d'affaires Rhénatic?. Dossier réalisé par Philippe Armengaud

Marcherait-on sur la tête? Cette crise, qui touche si durement les entreprises alsaciennes, freine leurs investissements de tous types. Et pourtant, à écouter les responsables de différentes sociétés ou syndicats professionnels du secteur des technologies de l'information et de la communication (TIC), rarement moment n'a été si propice à l'investissement dans l'équipement informatique, dans les progiciels, dans la conception d'un site internet marchand...




Des résultats mesurables

S'ils prêchent bien évidemment pour leur paroisse, ils ne le font pas sans arguments. Président de l'éditeur Kimoce et animateur du réseau Rhénatic, Patrick Hett cite en exemple l'un de ses clients, qui a investi dans des solutions de mobilité pour ses commerciaux: «Il a gagné 20% de productivité, réduit ses stocks et donc son immobilisation de trésorerie et il a changé son image auprès de ses clients», affirme-t-il. Des indices a priori concrets, séduisants. C'est, d'ailleurs, ce que souligne Philippe Lambalieu, adjoint au chef de la division développement industriel de la Drire Alsace: «L'industrie des TIC a une chance par rapport à d'autres, c'est qu'elle est capable de montrer des résultats mesurables, de prouver son efficacité». Un avantage clé en temps de crise et d'investissements toujours plus réfléchis. Directeur général d'Activis (référencement et création de sites), Alain Dereux va dans le même sens: «Nous sommes face à des clients qui ont besoin de communiquer pour générer des commandes, et ils le font de plus en plus par le biais de sites boutiques, dont le nombre explose». La possibilité de pouvoir mesurer l'impact d'un investissement, notamment en publicité, reste essentielle à ses yeux.




Des projets difficiles à concrétiser

Les TIC seraient donc un élément clé pour se différencier de ses concurrents, pour gagner en efficacité et en agilité. Le tableau est presque idyllique. Pour autant, dans la réalité, les acteurs des TIC souffrent. «Les projets sont là, mais la difficulté, c'est la signature, le passage à l'acte», reconnaît Patrick Hett. Délégué régional du Syntec Informatique, Laurent Fèvre est encore plus catégorique: «Malgré des contrats signés, certaines entreprises clientes ont purement et simplement arrêté des projets. Des acteurs des services informatiques se disent ?en disponibilité?, ce qui n'était jamais le cas auparavant». L'ombre du chômage partiel, voire de plans sociaux planerait... Conséquence de cette situation, la sous-traitance entre sociétés informatiques tend, comme dans d'autres secteurs, à reculer. Voilà qui met en péril les très nombreuses sociétés alsaciennes (cf. chiffres du secteur ci-dessous), le plus souvent de petite taille, qui vivaient de cela. Une situation qui fragilise donc le secteur dans la région et qui a déjà conduit à une dégradation des marges, guerre des prix oblige, depuis la fin 2008. Fort de ses atouts, le secteur des TIC doit donc faire le dos rond, se mobiliser pour capter des marchés qui se font de plus en plus rares, pour évangéliser ses clients. C'est en fait toute une démarche sectorielle qui doit être adaptée. Alliances, concentration, discours commerciaux, formation... Autant de thèmes à travailler en ces temps difficiles, mais qui devraient permettre aux entreprises des TIC alsaciennes de gagner à long terme en agilité, en productivité, en lisibilité. Et de repartir de plus belle quand les voyants passeront au vert. Tiens, tiens, des termes que l'on retrouve aussi dans leur propre argumentaire commercial...